Serge LetchimyMonsieur le président, ma question s'adresse au Premier ministre. La mise en esclavage d'êtres humains en Libye est la pire des barbaries contemporaines que nous connaissions. Je voudrais vous faire partager mon émotion personnelle et saluer l'indignation de l'Assemblée nationale, de tous les groupes, face à un tel crime et un tel déni de la personne humaine.
Mes chers collègues, la seule indignation suffit-elle ? Pas moins de 390 000 migrants sont bloqués en Libye, 9 000 sont privés de liberté. La France va en accueillir 25 en janvier.
Il est une exigence, que revendique la nation, le peuple : ce n'est pas seulement l'indignation, c'est la condamnation. Nous devons sans ambiguïté condamner ce trafic, car il faut aller beaucoup plus loin sur la question de l'accueil des migrants. Aucun accord, y compris avec la Libye, ne peut assumer de faire reposer la surveillance des frontières sud de l'Europe sur la violation des droits fondamentaux de tout être humain.
Il est temps de mettre en place un système permanent et harmonisé d'accueil des migrants. Il est temps de consolider les partenariats migratoires en s'assurant de leur conformité aux principes fondamentaux de l'Union européenne, dont le premier reste et demeure le respect de la dignité humaine.
La situation démontre la limite de la stratégie des hotspots migratoires récemment mise en place.
Monsieur le Premier ministre, il faudrait relever considérablement l'aide de la France au co-développement pour en faire un signal extrêmement fort. Le 21 mai 2001, la France a reconnu l'esclavage comme un crime contre l'humanité.
Monsieur le Premier ministre, la France doit s'engager par une parole forte, des actes clairs ! La lutte contre l'esclavage moderne doit se poursuivre sans relâche, de sorte qu'aucun homme ne soit privé de sa liberté.