Bruno Le Maire,
Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique •
30 janv. 2024À ce jour, le titre-restaurant ne constitue pas un élément du salaire, mais un avantage social, qui bénéficie à ce titre de déductions fiscales et de charges sociales. Son objet initial est de permettre au salarié d'acquitter en tout ou partie le prix d'un repas consommé au restaurant, ou acheté auprès d'un professionnel exerçant une profession assimilée, lorsque son employeur ne met pas à sa disposition une cantine. Le plafond journalier d'utilisation, porté à 25 euros depuis le 1er octobre 2022, alors qu'il était auparavant de 19 euros, doit être rapproché du prix moyen d'un plat du jour en France en 2023, soit 15,41 euros, et non au montant des achats de produits alimentaires d'un salarié sur une durée plus longue. Sur la période récente, le titre-restaurant a pu être adapté pour faire face aux contraintes liées à la crise sanitaire ou à la forte inflation. Son utilisation a ainsi été étendue aux achats de produits alimentaires non directement consommables pour soutenir le pouvoir d'achat des salariés. Le Gouvernement veut poursuivre cette modernisation du titre-restaurant en s'appuyant sur la souplesse donnée par la dématérialisation. Les titres-restaurant dématérialisés permettent aux salariés d'être débités de la somme exacte due (dans la limite du plafond journalier). Ils s'adaptent plus facilement à la diversification croissante des dépenses alimentaires quotidiennes des salariés. La dématérialisation permet aussi de réduire la charge administrative de gestion par les restaurateurs et assimilés, alors que le fait qu'un circuit des titres papier continue à subsister pour une part de plus en plus réduite de titres en circulation contribuait à alourdir cette charge. Au-delà de la seule dématérialisation, le Gouvernement entend mener, en 2024, une discussion avec l'ensemble des parties prenantes pour moderniser le titre-restaurant et remettre le salarié au cœur de ce dispositif. Des propositions permettant de simplifier son utilisation, tout en conservant son objet social et son caractère alimentaire, pourront être discutées dans ce cadre, s'agissant des TPE ou des zones rurales.