Éric Dupond-Moretti,
Ministère de la justice •
21 mai 2024La lutte contre toutes formes de discrimination est une priorité du ministére de la Justice. L'incrimination des comportements discriminatoires, notamment ceux visant les personnes intersexes, est appréhendée via les délits de discrimination prévus et réprimés par les articles 225-1, 225-2, 225-1-1, 225-1-2 et 432-7 du code pénal et via les circonstances aggravantes générales liées aux motifs discriminatoires prévues aux articles 132-76 et 132-77 du code pénal. Les discours à caractère discriminatoire sont quant à eux appréhendés par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et par le code pénal. L'article 225-1 du code pénal dispose qu'une distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement, notamment, de leur sexe, de leur apparence physique, de leurs caractéristiques génétiques ou de leur identité de genre, vraie ou supposée, constitue une discrimination. Cette discrimination, lorsqu'elle consiste par exemple à refuser la fourniture d'un bien ou d'un service, à entraver l'exercice normal d'une activité économique quelconque, à refuser d'embaucher, à sanctionner ou à licencier une personne, est punie de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende conformément à l'article 225-2 du code pénal. Par ailleurs, les dispositions des articles 132-76 et 132-77 du code pénal, faisant du mobile discriminatoire une circonstance aggravante générale des crimes et des délits, font référence aux discriminations à raison du sexe, de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre vraie ou supposée de la victime. Dès lors, l'arsenal législatif existant permet d'incriminer les discriminations dont peuvent être victimes les personnes intersexes. En outre, le ministère de la Justice est pleinement investi dans la lutte contre les discriminations, comme en témoignent les nombreuses dépêches et circulaires diffusées aux parquets généraux et parquets appelant notamment l'attention des procureurs de la République sur l'importance de recourir à une politique pénale empreinte de fermeté en la matière. Ainsi, la dépêche du 17 mai 2021 relative à la lutte contre les infractions commises à raison de l'orientation sexuelle rappelle l'importance de maintenir une attention particulière, non seulement dans le traitement judiciaire de ces faits, mais également s'agissant du recueil de la plainte. Elle précise que les procureurs de la République peuvent, par instructions écrites ou lors de réunions d'action publique, attirer l'attention des forces de l'ordre sur la nécessité d'être attentif à l'accueil des victimes d'agressions homophobes et sur l'importance de privilégier le dépôt de plainte par rapport aux mains courantes ou procès-verbaux de renseignement judiciaire. Cette lutte s'appuie sur un travail interministériel permanent, comme en témoignent les travaux menés dans le cadre de l'élaboration du nouveau plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations 2023-2026. Lors de la réunion des magistrats référents racisme, antisémitisme et discriminations organisée par la direction des affaires criminelles et des grâces le 3 octobre 2023, les parquets généraux et parquets ont été de nouveau sensibilisés à la question de la lutte contre toutes les formes de discriminations et à l'adoption du nouveau plan national présenté par le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT.