Jean-Hugues RatenonMonsieur le Premier ministre, cette séance est surréaliste puisque nous ne pouvons pas vous interroger au sujet de votre politique générale à venir. Je souhaite donc vous entendre, en votre qualité d'ex-M. Déconfinement, au sujet des outre-mer, qui ne sont pas une sous-France, mais bien la France. Dès le début de la crise du covid-19, associations, syndicats, collectifs de citoyens et organisations non gouvernementales – ONG – ont alerté le Gouvernement sur les spécificités des territoires d'outre-mer. Les défaillances structurelles, la pauvreté et la précarité dans ces territoires ont été ignorées, et la population en paie aujourd'hui le prix fort.
Depuis le mois d'avril, la situation sanitaire en Guyane et à Mayotte est devenue de plus en plus inquiétante : l'épidémie flambe, le nombre de morts augmente. Qu'avez-vous fait pour éviter cela ? Pire : vous regardez ailleurs et autorisez les vols commerciaux entre Mayotte et La Réunion, sans réel plan de protection des habitants.
En Martinique, ce sont les médecins cubains qui débarquent en renfort à la place de l'État français. On les remercie, mais où sont nos médecins ? En Guadeloupe, c'est la double peine : l'île fait face non seulement au covid-19, mais également à un facteur très aggravant, le manque d'eau potable. Est-ce digne d'un département français en 2020 ? Devant nos territoires abandonnés, le député européen Younous Omarjee a dû solliciter, le 1er juillet, l'aide de l'Union européenne. À La Réunion, on constate une explosion des demandes de colis alimentaires, conséquence d'une économie fragile et d'une pauvreté qui s'aggrave, notamment chez les personnes âgées. Où est la dignité ?
Aujourd'hui, cerise sur le gâteau, vous n'avez trouvé aucune femme, aucun homme d'outre-mer digne à vos yeux d'occuper la fonction de ministre.