Bruno FuchsL'inquiétude est extrême quant à la situation du député malien Soumaïla Cissé. Arrivé second aux dernières élections présidentielles, il incarne la voix principale de l'opposition démocratique au Mali. Il a été capturé dans une embuscade le 25 mars et nous sommes sans nouvelles de lui depuis cette date.
Mes chers collègues, je veux lancer ici, en notre nom, un appel solennel à sa libération immédiate. Je formule également le souhait que la France use de toute son influence pour qu'il puisse poursuivre son engagement politique le plus rapidement possible. Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, rassurez-nous, rassurez sa famille et ses proches, donnez-nous enfin de bonnes nouvelles.
Ce rapt nous rappelle l'importance majeure de l'action de la France au Sahel. Il nous renvoie également aux enjeux relatifs à la stabilité et à la gouvernance de nombreux pays de l'espace francophone. En Guinée par exemple, Alpha Condé, réfugié de longue date et pendant de longues années en France, veut, comme d'autres avant lui, changer la constitution pour qu'un troisième mandat lui soit autorisé. Mes chers collègues, je vais vous surprendre : par un tour de passe-passe, la constitution ratifiée par référendum n'est pas celle qui a été publiée officiellement ! Et je ne m'étends pas sur les répressions meurtrières aveugles contre les civils.
Au Gabon, le sort réservé au principal leader d'opposition Jean Ping, assigné à résidence, doit nous alerter. Dans le même temps, le chef de l'État n'est plus en mesure de présider son pays depuis dix-huit mois, en raison de son état de santé.