Florence Goulet…silence total sur la condition des filles et des femmes, sur la polygamie encore pratiquée et sur la charia qui demeure la source principale du droit de ce pays ; silence total sur l'homosexualité criminalisée, punie d'emprisonnement et de châtiments corporels ; silence total sur l'interruption volontaire de grossesse, interdite et condamnée d'emprisonnement. Il faut croire que pour vous et pour votre gouvernement, l'indignation est à géométrie variable.
Votre silence est moins assourdissant lorsqu'il s'agit d'essayer de faire croire à nos concitoyens que dans notre pays, les libertés individuelles et les acquis des femmes pourraient être remis en cause ou lorsque vous dénoncez les décisions en la matière d'autres États, comme les États-Unis ou la Pologne. Nous avons été réunis en Congrès à Versailles, la semaine dernière, pour inscrire l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution de la Ve République et, deux jours plus tard, l'Assemblée nationale a voté une proposition de loi portant réparation pour les personnes sanctionnées pour homosexualité entre 1945 et 1982. Mais où est la défense de ces principes face au Qatar ? Des principes dont vous vous glorifiez en permanence avec des accents moralisateurs, et dont vous n'oubliez jamais de faire la leçon aux Français et à l'Europe. Est-ce un manque de courage ou le symptôme d'une diplomatie brouillonne ?