Jean-Hugues Ratenon Monsieur le ministre de la santé, la France est un pays développé, la troisième puissance économique d'Europe. Pourtant, deux épidémies, la leptospirose et le choléra, frappent violemment la France de l'océan Indien. Ces deux maladies des pays pauvres frappent deux territoires Français – cette France qui, à Mayotte, laisse mourir un enfant de 3 ans. Oui, chers collègues, on meurt du choléra en France ! Ou plutôt en outre-mer, l'autre France. N'est-ce pas là le résultat de l'abandon de nos territoires ?
Le choléra met une nouvelle fois en lumière le sous-développement du 101e département français. À quand l'égalité de traitement entre territoires de la République ? À quand l'égalité d'accès aux services publics, notamment à l'eau, ce bien commun ?
L'épidémie risque de s'étendre à La Réunion, déjà confrontée à une autre maladie, la leptospirose. Depuis le début de l'année, elle fait face à une forte augmentation du nombre de cas, du jamais-vu. Déjà deux morts, qui auraient pu être évités. Parmi les malades, 70 % ont dû être hospitalisés et 25 % sont dans un état critique. Les hôpitaux s'en trouvent saturés : 90 % des places dans les services concernés sont occupées par des patients atteints de cette maladie.
La Réunion a 15 % de lits en MCO – médecine, chirurgie, obstétrique – et 40 % de lits de rééducation en moins par rapport à la moyenne nationale. Pourquoi ? Il en résulte une pression sur les services et le personnel soignant, à La Réunion comme à Mayotte.
Vous financez la guerre à coups de milliards au détriment de notre santé. C'est indigne de la République. La santé n'est pas une marchandise. Il est urgent d'agir, des solutions existent. Que comptez-vous faire ? Êtes-vous prêt à mettre en pratique les propositions qui vous ont été soumises pour éradiquer les maladies et rattraper le retard du service public ?