Gabriel Attal, Premier ministre . Au nom du Gouvernement, je veux à mon tour rendre hommage aux victimes des violences de ces derniers jours. Les deux gendarmes qui ont perdu la vie portaient l'uniforme de la République et protégeaient les populations et la terre de Nouvelle-Calédonie. Ils s'étaient engagés pour la France et sont morts en la servant. La République ne les oubliera jamais et sera présente, attentive, auprès de leurs familles, de leurs proches et de leurs frères d'armes. La gendarmerie a perdu deux hommes, mais c'est toute la France qui est en deuil. Notre reconnaissance est infinie.
Je veux rappeler que les premières victimes des émeutes et des violences sont les Calédoniens. Quatre personnes ont perdu la vie à l'occasion des émeutes et des pillages. Beaucoup ont été blessés. Au nom du Gouvernement, j'exprime mon soutien aux proches et aux familles des personnes qui ont perdu la vie. Je ne me résoudrai jamais à ce que des jeunes, parfois très peu âgés, perdent la vie dans une spirale de violences.
Vous avez raison, la Nouvelle-Calédonie est frappée par des violences d'une rare intensité, qui portent le souvenir amer des déchirements sanglants du Caillou il y a quarante ans. Les élus et les responsables politiques calédoniens, qu'ils soient indépendantistes ou non, les ont unanimement condamnées, appelant au retour au calme. Je salue l'esprit de responsabilité qui anime l'ensemble des forces politiques calédoniennes.
Depuis le début de la crise, notre priorité est le retour à l'ordre, préalable au dialogue. Le Président de la République a convoqué à trois reprises un Conseil de défense et de sécurité nationale. J'ai moi-même présidé à cinq reprises des cellules de crise interministérielles pour suivre la situation en temps réel et coordonner l'action de l'État. À la demande du Président de la République, l'état d'urgence a été décrété, le couvre-feu maintenu et les rassemblements interdits. Avec le ministre de l'intérieur et des outre-mer et la ministre déléguée chargée des outre-mer, nous suivons jour et nuit l'évolution de la situation.
Ce week-end, un pont aérien a permis le déploiement de 1 000 personnels des forces de sécurité intérieure supplémentaires, venus renforcer les 1 700 effectifs déjà présents sur place. Ces 2 700 policiers et gendarmes accomplissent un travail exceptionnel dans des conditions très difficiles. Je veux, avec vous, rendre hommage à leur courage. Ils ont déjà accompli plusieurs missions périlleuses, notamment en dégageant la route entre Nouméa et l'aéroport – 76 barrages ont été détruits –, et sont appuyés par des militaires, qui les aident à sécuriser l'aéroport, les ports et les bâtiments publics.
Le retour au calme passe aussi par la fermeté à l'égard des auteurs d'exactions. C'est la raison pour laquelle le ministre de la justice a pris une circulaire demandant une réponse pénale ferme face aux pillards et aux émeutiers.
Les violences ont des conséquences très graves sur la vie quotidienne des habitants de Nouvelle-Calédonie. Nous mettons toute notre énergie dans le rétablissement de l'ordre, mais nous sommes également mobilisés pour assurer la continuité de la vie quotidienne des Calédoniens. J'ai réuni une cellule interministérielle de crise spécifique sur le sujet des produits alimentaires et sanitaires acheminés grâce au pont aérien. Par ailleurs, nous travaillons déjà à la reconstruction avec Bruno Le Maire, qui a reçu l'ensemble des acteurs économiques.
Grâce à ces moyens et aux décisions prises sans délai, la situation commence à s'améliorer, mais, nous le savons, elle est encore fragile et notre vigilance reste entière. Nous devons rechercher une solution politique durable et globale pour ce territoire.