Danièle Obono Les conséquences de ce passage en force sont dramatiques et votre responsabilité est immense : les violences ont causé la mort de six personnes et en ont blessé plus d'une centaine. Tout cela était prévisible. Depuis des mois, La France insoumise, mais aussi tous les spécialistes du sujet et toutes les personnalités politiques et associatives que nous avons rencontrées dans l'archipel, alertaient sur le caractère explosif de la situation. Fidèles à votre arrogance habituelle, vous avez passé outre et fait adopter votre réforme brutalement, avec les voix de l'extrême droite, au détriment de la paix civile et du processus de décolonisation en cours depuis trente-cinq ans. La répression n'y fera rien. Cent soixante et onze ans de colonisation n'ont pas réussi à briser les aspirations légitimes du peuple kanak à l'émancipation et à l'autodétermination. La seule voie raisonnable est celle du dialogue et du consensus, pour l'avenir du peuple calédonien dans son ensemble.
Le président Macron part donc ce soir en Nouvelle-Calédonie pour y « installer une mission », sans plus de précision. Depuis le début de la crise, nous demandons la création d'une telle instance. Elle est indispensable après que le Gouvernement s'est totalement discrédité en prenant fait et cause pour le camp non indépendantiste. Toutefois, cette mission n'a pas de sens sans le report du Congrès ou le retrait du texte. C'est ce qu'ont demandé quatre présidents de régions dites ultramarines, des personnalités toutes désignées pour composer cette mission nécessairement transpartisane. Telles sont les conditions sine qua non d'un retour à la paix civile.
Monsieur le Premier ministre, le Président de la République saura-t-il pour une fois se hisser à la hauteur de la situation…