Claudia Rouaux Madame la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, afin de donner plus à ceux qui ont moins, le président François Mitterrand a lancé, en 1981, l'éducation prioritaire. L'objectif de cette politique publique est de corriger l'effet des inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire grâce au renforcement de l'action pédagogique dans les écoles des territoires les plus en difficulté. Aujourd'hui, plus de 1,1 million d'enfants sont scolarisés dans plus de 6 600 écoles relevant de l'éducation prioritaire. Plus de quarante ans après sa création, force est de constater que cette politique a fait ses preuves. Toutefois, la faiblesse des moyens alloués ne permet plus de réaliser son ambition originelle. La publication du classement 2023 du Programme international pour le suivi des acquis des élèves le confirme puisque les résultats de la France sont parmi les plus bas jamais mesurés.
La sociologie des territoires évolue en permanence et certains sont marqués par une paupérisation croissante. Il existe des écoles classées en réseau d'éducation prioritaire dont l'indice de position sociale est bien inférieur à des écoles classées en réseau d'éducation prioritaire renforcé. Par ailleurs, le développement de l'école inclusive, vertueuse à bien des égards, comporte aussi des limites en raison du manque de places dans le secteur médico-social – plus de 1 000 en Ille-et-Vilaine –, de l'augmentation des troubles du comportement chez certains enfants et du manque criant d'accompagnants d'élèves en situation de handicap. Je tiens d'ailleurs à rendre hommage au personnel de l'éducation nationale, qui travaille dans des conditions difficiles.
La dernière révision de la cartographie de l'éducation prioritaire date de 2015. Il est grand temps de s'y pencher de nouveau car les inégalités n'attendent pas et l'école doit rester une priorité nationale. Quel calendrier proposez-vous pour réviser la carte scolaire, étant entendu qu'elle doit répondre à des besoins réels, qui ne peuvent se concevoir sans de nouveaux moyens ?