Florian Chauche Jeudi dernier, 4 000 sapeurs-pompiers venus de toute la France ont foulé le pavé parisien : une manifestation inédite, historique même, puisque toutes les organisations représentatives du personnel se sont réunies en intersyndicale.
Leurs revendications sont claires, la première étant de ne pas mourir de leur travail. Ils n'en peuvent plus de voir leurs collègues contracter des cancers ou tomber malades quelques mois après être partis à la retraite. Vous avez lancé un observatoire de la santé des sapeurs-pompiers, mais le temps n'est plus à l'observation, il est à l'action. Le Centre international de recherche sur le cancer a classé l'activité de sapeur-pompier comme cancérogène depuis deux ans. Des mesures immédiates doivent être prises pour tous les sapeurs-pompiers, qu'ils soient volontaires ou professionnels.
Le Gouvernement doit instaurer un dossier médical unique et une visite médicale de fin de carrière, assurer la traçabilité des activités opérationnelles de chaque sapeur-pompier et le suivi post-professionnel, et la ministre de la santé doit modifier le tableau des maladies professionnelles.
Leur deuxième revendication concerne les Jeux olympiques et paralympiques. Les agents de la SNCF, les conducteurs de la RATP, les soignants de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, les éboueurs de la Ville de Paris, l'ensemble des policiers et gendarmes bénéficieront de primes, mais rien n'est prévu pour les sapeurs-pompiers ! Comment expliquer ce traitement inégalitaire et un tel manque de considération pour nos pompiers ?
Leur troisième revendication est l'augmentation du nombre de sapeurs-pompiers professionnels. Entre 2002 et 2022, les effectifs n'ont progressé que de 3,5 % alors que le nombre d'interventions a augmenté de 37,5 %. Il faudrait refondre le modèle de financement des services départementaux d'incendie et de secours et adopter un plan de recrutement massif de pompiers professionnels. Les syndicats ont été reçus par la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, mais ils n'ont reçu aucune réponse concrète.
Écouterez-vous nos sapeurs-pompiers ? Accéderez-vous à leurs revendications ? Le mal-être de la profession est profond et, à quelques semaines des JOP et de la saison des incendies, il ne faut pas jouer avec le feu.