Sébastien Lecornu,
Ministère des armées •
14 mai 2024La loi de programation militaire (LPM) pour les années 2024-2030 prévoit une accélération de la montée en puissance des drones dans les armées, et dans la marine nationale en particulier, en y allouant 5 milliards d'euros sur la période. La marine nationale développe déjà des navires conçus pour la mise en œuvre des drones. D'une part, le système de lutte anti-mines du futur (SLAM-F) repose sur des vecteurs de surface télé-opérés déployés depuis la terre ou à partir de bâtiments de guerre des mines (BGDM), accompagnés par des drones sous-marins et mettant en œuvre un sonar remorqué ou un robot télé-opéré. D'autre part, le programme de capacité hydro-océanographique future (CHOF) prévoit la livraison d'ici 2029 de deux bâtiments hydrographiques de nouvelle génération (BH-NG) qui déploieront des drones de surface et des drones sous-marins. De plus, les drones sous-marins développés en application de la stratégie ministérielle de maîtrise des fonds marins seront déployés depuis des navires. Enfin, la marine ambitionne d'accélérer l'équipement des frégates en drones tactiques, avec le système de drones aériens marine (SDAM) dont dix systèmes seront livrés à fin 2030. L'emploi des drones constitue en effet une opportunité pour conserver un avantage opérationnel. Ces systèmes vont permettre de renforcer et compléter les moyens existants de maîtrise de l'espace aéromaritime. Au-delà de la LPM, le renforcement de l'emploi des drones se poursuivra. C'est le sens de la priorité donnée aux travaux et études sur les systèmes autonomes dans la LPM pour en capter tout le potentiel innovant et disruptif. Les expérimentations de drones navals sont appelées à se généraliser pour saisir les meilleures opportunités. Les navires, sous-marins et aéronefs de la marine, actuels et futurs, seront les porteurs de ces drones qui font, et feront encore plus demain, partie intégrante des capacités nécessaires pour assurer la supériorité en mer. À ce titre, le porte-avions et les porte-hélicoptères amphibies constituent déjà des plateformes capables d'accueillir et mettre en œuvre des drones, en complément des aéronefs habités. Ces navires, majeurs dans le dispositif capacitaire des armées, permettent de couvrir le spectre des missions au regard de l'ambition portée par la revue nationale stratégique de 2022. Ils répondent aux besoins actuels et futurs, et apportent la souplesse nécessaire pour adapter les usages à la montée en puissance de l'emploi des drones.