🤔Réforme du collège dite du « choc des savoirs »Mme Sophie Taillé-Polian interroge Mme la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur la réforme du collège, dite « du choc des savoirs » et sur ses conséquences organisationnelles pour les établissements. Censée entrer en vigueur dès la rentrée 2024, cette réforme prévoit notamment la mise en place de groupes de niveau en classes de sixième et de cinquième en mathématiques et en français. Les syndicats d'enseignants dénoncent un collège du tri et de la ségrégation scolaire. D'abord, cette mesure va à l'encontre des études de sciences de l'éducation sur le sujet, qui montrent que le groupe classe hétérogène est à privilégier et précisent que des groupes de niveau peuvent être utiles s'ils sont provisoires et centrés sur un besoin spécifique. Au lieu d'y répondre, cette mesure va accentuer les inégalités de niveau entre élèves. Après l'éclatement du groupe classe au lycée avec la réforme du baccalauréat, c'est désormais le collège qui est menacé par cette dérive. Cette réforme entraîne en outre des difficultés organisationnelles d'ampleur pour les établissements scolaires. En effet, les dotations horaires globales (DHG) ne suivent pas et la mise en place des groupes de niveau en mathématiques et en français se fera dans la plupart des collèges au détriment d'autres disciplines comme les langues vivantes et anciennes ou les enseignements scientifiques. Quel « choc des savoirs » Mme la ministre prétend-elle mettre en place si l'accent mis sur les mathématiques et le français se fait au détriment d'autres disciplines telles que les langues vivantes ? Si options, dédoublements de classes et expérimentations scientifiques ne sont plus possibles pour ces élèves faute de moyens ? Elle lui demande de renoncer à cette réforme et de mettre enfin en place les moyens structurants que le collège, parent pauvre des politiques éducatives, attend depuis de nombreuses années.