Mesdames, Messieurs,
L’histoire du drapeau tricolore est intimement liée à l’Histoire de notre République. Elle charrie avec elle notre imaginaire commun comme les combats pour son affirmation depuis les soldats de l’an II jusqu’aux compagnons de la Libération en passant par les martyrs de Verdun.
Cette histoire est indissociable, depuis le début de sa construction, de l’Union européenne et de ses promesses de paix, de prospérité et de fraternité à l’échelle du continent.
Or, en dehors de l’article 2 de la Constitution, qui précise que l’emblème national est le drapeau tricolore et à l’exception de l’article L. 111‑1‑1 du code de l’éducation, qui pose l’obligation de pavoisement des écoles et des établissements d’enseignement du second degré publics et privés sous contrat, aucun texte réglementaire ou législatif ne fixe les règles de pavoisement dans notre pays. La présence du drapeau européen aux côtés du drapeau tricolore n’est, a fortiori, pas obligatoire aux côtés du drapeau national à l’exception de la journée du 9 mai.
Ainsi, en dehors des instructions du Gouvernement, à l’occasion de trois types d’évènements (cérémonies nationales, réception de chefs d’État étrangers, cérémonies de deuils officiels avec la mise en berne des drapeaux), seuls l’usage et la tradition républicaine sont pris en considération.
Compte tenu de l’importance de ces deux emblèmes dans notre Histoire collective et afin de renforcer l’unité de la pratique du pavoisement sur le territoire national, l’objet de la présente proposition de loi est de rendre leur pavoisement obligatoire sur le fronton de chacune de nos mairies. Comme pour le 9 mai, il est proposé que le drapeau national conserve la place d’honneur, c’est‑à‑dire à droite du drapeau européen et donc vu à gauche de ce dernier en regardant l’édifice public. De façon similaire à ce qui a été prévu par l’article L. 111‑1‑1 du code de l’éducation, le pavoisement des mairies avec le drapeau national et le drapeau européen relèverait du régime d’applicabilité de plein droit dans les collectivités à statuts particuliers puisqu’elle a vocation à s’appliquer de façon uniforme sur le territoire français.