Catherine Vautrin,
Ministère du travail, de la santé et des solidarités •
14 mai 2024Le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation (FEM) en faveur des travailleurs licenciés permet de cofinancer, sans se substituer aux obligations légales qui incombent aux employeurs, des mesures de retour vers l'emploi à la suite d'une restructuration de grande ampleur. Créé en 2007 pour la période 2007-2013, et renouvelé à deux reprises pour les périodes 2014-2020 par le règlement (UE) n° 1309/2013, et 2021-2027 par le règlement (UE) 2021/691, le FEM est doté d'un budget annuel moyen de 209 millions d'euros pour la période 2021-2027. Le principal obstacle du recours au FEM pour les entreprises en procédure collective, ce qui était le cas pour Holophane, réside dans la nécessité pour l'entreprise d'avoir une trésorerie suffisante pour avancer les fonds. En effet, le FEM n'intervient qu'ex post pour rembourser une part de 85 % des actions et mesures mises en place au-delà des obligations légales de l'entreprise. Par ailleurs, le règlement (UE) 2021/691 prévoit deux phases de contrôle interne réalisées par l'Etat membre, a posteriori (vingt-quatre mois après le versement des fonds), impliquant un archivage de l'ensemble des pièces permettant de justifier les dépenses des mesures cofinancées par le FEM. Une entreprise en liquidation judiciaire n'a, en général, pas la capacité d'assurer ce suivi. Pour ces deux principales raisons, les salariés licenciés de l'entreprise Holophane n'ont pas pu bénéficier du cofinancement du FEM. Néanmoins, l'Etat est intervenu en permettant aux salariés de l'entreprise de bénéficier des mesures du fonds d'accompagnement des salariés de la filière automobile. Ce fonds est notamment régi par le décret du 29 juin 2021 relatif au fonds exceptionnel d'accompagnement et de reconversion des salariés licenciés de la filière automobile. Ce fonds permet aux salariés de bénéficier de diverses aides complémentaires aux aides de droit commun : - prime de reclassement (cumulable avec celle du contrat de sécurisation professionnelle) ; - prime à la création d'entreprise de 15 000 euros (cumulable avec l'aide à la reprise et/ou création d'entreprise de droit commun) ; - aide au rachat de trimestres ; - indemnité différentielle de reclassement ; - aide à la mobilité et aide à la famille ; - maintien de la rémunération au-delà de la durée du contrat de sécurisation professionnelle en cas de formation de reconversion professionnelle ; - possibilité de mettre en place une Cellule d'appui à la sécurisation professionnelle (CASP) de neuf semaines (contre six dans le droit commun) avec cellule d'appui psychologique mobilisable sur demande ; - accès renforcé à la formation par un financement complémentaire par l'Etat et les constructeurs aux financements de droit commun de France Travail. Les salariés de l'entreprise Holophane ont ainsi bénéficié d'une CASP d'une durée de sept semaines entre le 20 décembre 2023 et le 8 février 2024. 179 entretiens individuels ont été réalisés pendant la CASP et ont permis d'identifier les principales difficultés des salariés (utilisation des outils numériques, maîtrise de la langue française, mobilité géographique et mono-expérience). D'autre part, l'entrée dans le fonds implique la possibilité de mettre en place une cellule d'appui psychologique. Une telle cellule avait déjà été mise en place par l'entreprise jusqu'au 20 décembre 2023. La cellule d'appui psychologique prévue dans le cadre du fonds a pris le relai à compter du 20 décembre 2023. Au-delà du numéro vert prévu dans ce cadre, un psychologue et un assistant social ont été missionnés pour se rendre sur le site du suivi de la cellule deux jours par mois. Les sessions d'orientation des salariés ont démarré le 26 février 2024 et grâce à la mobilisation de l'ensemble des acteurs institutionnels locaux et nationaux, les adhérents au contrat de sécurisation professionnelle sont accompagnés dans des bureaux mis à disposition par la commune des Andelys. Un événement emploi-formation à leur attention s'est tenu le 18 avril 2024, avec l'appui du préfet, du sous-préfet et de la commune.