Catherine Vautrin,
Ministère du travail, de la santé et des solidarités •
12 mars 2024La délivrance sans ordonnance de certains médicaments, après réalisation d'un test, qui correspond à une nouvelle mission du pharmacien introduite en loi de financement de la sécurité sociale pour 2024 (article 52), doit faire l‘objet de textes d‘application au second trimestre 2024. Ces textes définiront notamment les conditions de délivrance des médicaments (dont la liste et les indications seront fixées par arrêté), les conditions de déclaration d'activité, ainsi que les conditions de formation du pharmacien. Cette mesure va permettre de faciliter l'accès aux soins, de dégager du temps médical supplémentaire dans un contexte où nos concitoyens sont parfois face à des déserts médicaux, tout en visant un objectif de lutte contre l'antibiorésistance en limitant les prescriptions d'antibiotiques non nécessaires. Son impact financier a été estimé à 16 M€ d'économie par an lié en partie à un moindre recours à d'autres examens de biologie médicale (examen cytobactériologique des urines notamment) et à des volumes moins importants d'antibiotiques délivrés. S'il est encore trop tôt pour donner des chiffres sur cette nouvelle mission, on peut indiquer que la réalisation par le pharmacien du test rapide d'orientation diagnostique des angines à streptocoque du groupe A, sans délivrance de médicament, est en forte progression en officine. En novembre 2023, plus de 12 000 officines proposaient ces tests contre 6 000 en 2022, et 230 000 tests ont été réalisés et facturés à l'assurance maladie. L'efficacité de cette réforme, mesurée comme le recours aux pharmaciens pour tester et délivrer les antibiotiques, sera réalisée lorsque les textes seront publiés et que la mesure sera effective. Pour obtenir des données sur la consommation d'antibiotiques en médecine de ville comme à l'hôpital, se reporter au rapport de l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, publié sur son site Internet le 26 juillet 2023 (7ème édition) en lien avec EPI-PHARE sur l'évolution des consommations d'antibiotiques entre 2000 et 2020.