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🧭Gouvernement Philippe 2

















le président

La parole est à Mme Laurence Trastour-Isnart, pour le groupe Les Républicains.
Laurence Trastour-Isnart

Monsieur le Premier ministre, l'affaire Benalla a révélé au grand jour les dérives d'un Président de la République jupitérien qui veut accaparer tous les pouvoirs et exercer ses pouvoirs au mépris de l'intérêt général.
Sylvain Maillard

Ça sent le réchauffé !
Laurence Trastour-Isnart

Comment accepter que le Président de la République confie autant de privilèges, sans raison valable, à un jeune homme de vingt-six ans aux fonctions obscures ? Comment justifier de donner, par le seul fait du prince, à M. Benalla un salaire exorbitant et un appartement de fonction rénové à grands frais ? Comment accepter que la Présidence de la République veuille mettre en place à l'Élysée un système de police parallèle, hors de tout contrôle ? Comment accepter ce système monarchique, où notre pays est confié à un petit cercle de conseillers tout-puissants et à un Président qui entend réformer seul, en se passant des parlementaires ?

On assiste à une dérive du pouvoir central, qui veut supprimer méthodiquement tous les contre-pouvoirs pour renforcer le sien. Tel est, notamment, le but de la réforme constitutionnelle, qui entend affaiblir considérablement le Parlement et les parlementaires en réduisant leur nombre, en réduisant le poids de l'opposition et en supprimant le lien entre les députés et leurs électeurs.

Or, on l'a vu, le Parlement joue un rôle essentiel de contre-pouvoir. Sans le Parlement et, en l'occurrence, sans les députés de l'opposition, il n'y aurait pas eu de commission d'enquête pour faire la lumière sur l'affaire Benalla. Sans le Parlement et les parlementaires de l'opposition, jamais la responsabilité de l'Élysée dans cette affaire d'État n'aurait pu être éclaircie.

Monsieur le Premier ministre, vous avez fait un premier pas en reportant la réforme constitutionnelle, une réforme qui vise à affaiblir le Parlement, alors que la dérive du pouvoir exécutif impose plus que jamais un pouvoir législatif fort. Quand allez-vous abandonner cette réforme dogmatique et dangereuse ?
Sylvain Maillard

Ce fut laborieux !
le président

La parole est à M. le Premier ministre.
Edouard Philippe,
Premier ministre.
Madame la députée, je saisis l'occasion qui m'est donnée pour répondre à une question sur cette affaire.
Éric Straumann

Une affaire d'État !
Christian Jacob

Avec un ministre qui a menti !
Aurélien Pradié

Vous devriez faire profil bas. On ne fait pas le fanfaron dans de pareilles circonstances !
Edouard Philippe,
Premier ministre.
Je crois pouvoir dire qu'au début de votre question, vous avez mentionné un certain nombre d'inexactitudes, voire d'erreurs. À la fin de la question, vous avez en revanche évoqué un sujet passionnant, qui manifestement intéresse et dont il a été beaucoup question lors de cette séance de questions au Gouvernement : la révision constitutionnelle.

Je commencerai par les inexactitudes. Vous n'avez d'ailleurs pas mentionné de chiffres, car vous savez que ceux qui ont été publiés, s'agissant de la rémunération de ce chargé de mission, n'étaient pas les bons !

Vous le savez fort bien : c'est pourquoi vous n'avez pas donné de chiffres précis !
Maxime Minot et M. Éric Straumann

Dans ce cas, montrez les fiches de paie !
Plusieurs députés du groupe LR
Oui ! Montrez-les !
Christian Jacob

Donnez-nous le salaire, puisque vous le connaissez !
Thibault Bazin

Combien pour un bagagiste ?
Edouard Philippe,
Premier ministre.
Monsieur Jacob, vous êtes resté calme durant presque toute la séance. Faites encore un petit effort !
le président

Mes chers collègues, c'est la réponse à la dernière question. Si certains ne la supportent pas, ils peuvent quitter l'hémicycle, comme d'autres l'ont déjà fait ! Dans le cas contraire, écoutons M. le Premier ministre.
Edouard Philippe,
Premier ministre .
Vous avez affirmé, madame la députée, qu'il existait une police parallèle ; il n'en est rien. Il n'existe aucune police parallèle. Les dysfonctionnements qui ont été pointés ont donné lieu à une demande formulée par le Président de la République au secrétaire général de l'Élysée pour que ces dysfonctionnements et l'organisation soient corrigés – cela a déjà été évoqué.
Laurent Furst

Pompiers incendiaires !
Éric Straumann

Et il gagnait combien, M. Benalla ?
Edouard Philippe,
Premier ministre .
Deuxième partie de votre question : la révision constitutionnelle. Vous dites que vous n'en voulez pas.
Un député du groupe LR
Nous ne voulons pas de celle-là !
Edouard Philippe,
Premier ministre.
C'est parfaitement votre droit, madame la députée. Peut-être qu'au terme de la discussion, vous en voudrez. Pour l'heure, je l'ignore, mais ce que j'aimerais, c'est qu'il y ait une discussion.
Éric Straumann

Et sinon, il gagnait combien, M. Benalla ?
Edouard Philippe,
Premier ministre .
Ce que j'aimerais, c'est que vous puissiez enrichir cette discussion par vos remarques, par votre apport, par les amendements que vous pourriez présenter. Or il y eut, entre jeudi soir et dimanche midi, 298 rappels au règlement !
Laurent Furst

Et le salaire de M. Benalla, quel était-il ?
Edouard Philippe,
Premier ministre .
Le débat sur les amendements, qui permet d'enrichir la discussion, de dire pourquoi on n'est pas d'accord, n'a pas pu se nouer ; il n'a pas eu lieu.
Éric Straumann

Combien gagnait-il, M. Benalla ?
Edouard Philippe,
Premier ministre .
Je le regrette profondément. La garde des sceaux était au banc ; elle était là pour défendre le texte, pour débattre, pour apporter des réponses.
Éric Straumann

C'est vrai : vous l'avez laissée toute seule ici !
Aurélien Pradié

Et M. Castaner est resté planqué pendant tout le week-end !
Edouard Philippe,
Premier ministre.
Pourtant, il y a eu 298 rappels au règlement, qui furent autant d'occasions de ne pas traiter le sujet. Je le regrette, et j'espère qu'à partir du mois de septembre, nous aurons l'occasion de renouer ce débat.
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