Valérie BeauvaisMonsieur le Premier ministre, la croissance repart, mais la consommation des ménages est en baisse. C'est, hélas, compréhensible au vu de vos mesures anti-pouvoir d'achat. Selon l'un de nos collègues du groupe La République en marche, les retraités « font partie d'une génération dorée qui doit se ressaisir ».
Cela justifie donc, pour votre Gouvernement, de demander toujours plus fiscalement à nos retraités, en augmentant leur CSG de 25 %. Ce que vous ne dites pas, en revanche, c'est que beaucoup de retraités modestes, beaucoup de nos parents et de nos grands-parents ont vu leur pouvoir d'achat baisser fortement dès le 1er janvier dernier. Concrètement, un couple de retraités de moins de soixante-cinq ans ayant chacun une pension de 1 000 euros nets devra payer cette année, d'après le simulateur du Gouvernement, 456 euros de CSG en plus. Or, est-on vraiment à l'abri du besoin quand on a travaillé toute sa vie pour toucher environ 1 200 euros de retraite ? En procédant ainsi, vous cherchez à opposer les générations entre elles, les retraités payant pour les actifs.
Les retraités ne sont pas les seules victimes de vos mesures anti-pouvoir d'achat : toutes les Françaises et tous les Français qui roulent au diesel ou à l'essence subissent une hausse du prix à la pompe. Jamais, en effet, le matraquage fiscal sur les carburants n'aura été aussi brutal.
En cette veille de la journée internationale des droits des femmes, j'ai une pensée toute particulière pour les mères célibataires de notre pays, qui ne vivent pas forcément en ville et doivent donc prendre leur voiture pour aller travailler ou emmener leurs enfants à l'école. Ces femmes, ces mères célibataires, qui subissent déjà d'inadmissibles inégalités de salaires par rapport aux hommes, verront leur pouvoir d'achat baisser encore sous l'effet conjugué de la hausse du prix des carburants et de la baisse – voire de la suppression – du montant de la prestation d'accueil du jeune enfant.
Monsieur le Premier ministre, lorsque vous constaterez concrètement les effets négatifs de votre politique fiscale, comptez-vous rectifier le tir au plus vite ?