David GuiraudNous n'avons plus que quelques heures pour éviter le pire en Palestine. Le samedi 14 octobre, la rapporteure spéciale de l'ONU dans les territoires palestiniens occupés, a déclaré que « les Palestiniens de Gaza courent le risque d'un nettoyage ethnique massif ». Un nettoyage ethnique !
En ce moment même, 1 million de Palestiniens sont sous le coup d'un ordre d'évacuation que l'ONG Médecins du monde qualifie d'impensable, d'infaisable et d'irréaliste. Samedi dernier, le président israélien a averti le monde en déclarant à propos des Palestiniens : « C'est toute une nation qui est responsable. » Contre eux, il annonce une punition collective, ce qui est pourtant interdit par le droit international. Ce même droit international qu'Israël a déjà bafoué plus de cent fois depuis 1947.
Nous n'avons plus que quelques heures. Les milliers de bombes sur 2 millions de civils, la privation d'eau, de nourriture, d'électricité, et le déplacement forcé nous dirigent vers une catastrophe humanitaire mais aussi diplomatique. Cette catastrophe, c'est l'anéantissement définitif de la solution à deux États car les Palestiniens déplacés de force ne retrouveront probablement jamais leurs terres.
Le Brésil devrait présenter un texte au Conseil de sécurité de l'ONU pour appeler à un cessez-le-feu humanitaire dans la bande de Gaza. Ce texte condamnerait également « les odieuses attaques terroristes du Hamas ». Confirmez-vous ces informations ? La France va-t-elle soutenir cette résolution ?
Car la France ne prend pas ses responsabilités. Nous devons exiger le cessez-le-feu pour nos compatriotes franco-israéliens otages du Hamas. Nous devons exiger le cessez-le-feu pour nos compatriotes franco-palestiniens bloqués à Gaza, tellement absents dans vos discours. Comment comptez-vous les protéger ?
Nous devons tout faire pour que le feu s'arrête. La peine et la terreur que nous avons éprouvées face aux crimes de guerre du Hamas ne peuvent pas nous conduire à un soutien inconditionnel des actes de l'État israélien à Gaza. La France est trop silencieuse sur ce grave risque de nettoyage ethnique. La vie d'un Palestinien ne vaut pas moins que la vie d'un Israélien. Le temps nous est compté. Faites vite, madame la Première ministre.