Elsa FaucillonHier, les députés d'opposition ont adopté la motion de rejet déposée sur le projet de loi pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, que vous préparez depuis un an. Le groupe Gauche démocrate et républicaine-NUPES l'a votée en responsabilité, car nous sommes résolument opposés à ce texte qui aurait multiplié les souffrances des exilés et fabriqué plus de souffrance et de misère. Nous l'avons également votée pour mettre fin aux propos racistes et xénophobes tenus au sein même du Parlement.
Enfin, nous l'avons votée car les débats relatifs à ce projet de loi ne font que fracturer encore davantage notre pays. Il n'y a pas deux France, comme le prétendent les promoteurs du concept de choc des civilisations, mais bien un peuple en quête d'unité fondée sur l'égalité.
Notre pays souffre d'une crise de l'accueil. Cela vaut pour les exilés, mais aussi dans les crèches, les écoles, les Ehpad, les hôpitaux, les commissariats ou encore les préfectures. Les étrangers n'en sont pas responsables. La responsabilité en incombe plutôt à vos choix politiques, visant à préserver les intérêts des plus riches.
Expliquer en désignant un bouc émissaire est depuis toujours l'ossature de l'extrême droite. Les soi-disant Républicains lui ont emboîté le pas. Cependant, c'est bien un président de la République élu contre l'extrême droite qui a choisi, dans ce contexte, de présenter une énième loi sur l'immigration, validant des thèses aussi répugnantes qu'infondées, comme celle de l'appel d'air. On ne combat pas les idées d'extrême droite en les légitimant.
Vous avez essuyé hier une lourde défaite. Elle n'est que l'effet de la réalité qui devrait s'imposer à vous depuis deux ans : vous n'avez pas de majorité. Poursuivre l'examen de ce texte en commission mixte paritaire serait un violent coup de force et la manifestation d'un péché d'orgueil. Franchement, après vingt 49.3, vous n'avez aucune leçon à donner au Parlement en matière de débat.
En démocratie, le rejet d'hier s'impose à vous. Cessez de fracturer notre pays. Retirez le texte.