Agnès Buzyn,
Ministère des solidarités et de la santé •
5 déc. 2017Le ministère des solidarités et de la santé s'est inscrit dans le dispositif interministériel de prévention de la radicalisation de façon affirmée. Conformément aux objectifs du plan gouvernemental d'action contre la radicalisation et le terrorisme (PART), dans chaque région a été établie une cartographie des ressources territoriales par les agences régionales de santé, afin de répondre aux besoins identifiés d'accompagnement ou de prise en charge. Ces réseaux, constitués notamment de psychologues et de psychiatres identifiés par les agences régionales de santé, bénéficient, sur les territoires, de sessions de sensibilisation à la prévention de la radicalisation. En outre, les agences régionales de santé ont désigné des référents radicalisation sur l'ensemble du territoire afin d'assurer l'interface entre les cellules départementales de suivi et les professionnels de santé. La proposition de créer un centre référent concernant les « copycats » de Daesh, si elle peut paraître former une réponse adaptée aux évènements survenus durant l'été 2017, présente néanmoins l'inconvénient majeur, voire le risque d'accréditer l'amalgame trop souvent constaté, entre personnes radicalisées et personnes souffrant de troubles psychiatriques et renforce ainsi la stigmatisation de populations fragiles. De plus, aucune recherche à ce jour, ne permet de corroborer l'existence de causalité entre radicalisation et psychiatrie. La situation que vit notre pays face au phénomène de la radicalisation exige la construction d'une réponse adaptée. C'est l'objectif poursuivi par le ministère des solidarités et de la santé, en articulation avec les autres ministères, en s'appuyant sur les résultats de la recherche et sur la mobilisation de professionnels.