Les équipes du ministère de la santé et de la prévention suivent avec la plus grande attention, en lien étroit avec les Agences régionales de santé (ARS) concernées, la situation des maternités et des structures dédiées à la santé de la femme. Le tissu des maternités dans le département de la Seine-Saint-Denis est surveillé avec beaucoup d'attention, du fait de fortes tensions sur les ressources humaines, en particulier pour les sages-femmes, et des difficultés financières que connaissent notamment les maternités privées. Ces difficultés se traduisent par une diminution des inscriptions depuis 2019 dans les maternités du département, à l'exception de la maternité du Centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger. Face à cette situation, l'ARS Île-de-France est engagée pour maintenir une offre de soins accessible et de qualité sur ce territoire et la renforcer. A court terme, la situation requiert la vigilance de tous les acteurs et des mesures sont mises en place pour répondre aux tensions en ressources humaines et orienter au mieux les patientes. Une étude menée par l'Agence en juillet 2023 auprès de 9 maternités du département porte le prévisionnel 2024 à 20 580 naissances dans les maternités de Seine-Saint-Denis, soit un niveau similaire à celui de 2022 (20 457 naissances), et ce en tenant compte de la fermeture de la maternité Vauban. A noter que le territoire connaît une baisse de la natalité, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, puisque la Seine-Saint-Denis a enregistré une baisse de 1 394 naissances domiciliées par an entre 2020 et 2022, la projection étant de - 2 178 naissances domiciliées par an entre 2020 et 2023, soit une baisse de - 7,9 %. Cette baisse est encore plus notable à Paris (- 15,2 %) sur la même période. Les maternités parisiennes situées en bordure du département (Bichat, Robert Debré, Tenon) prennent par ailleurs en charge des parturientes de Seine-Saint-Denis. En parallèle et à moyen terme, plusieurs projets de création et d'extension de maternités sont envisagés pour améliorer l'offre de soins en Seine-Saint-Denis et augmenter, in fine, les capacités de prise en charge des maternités de ce territoire. La construction du Centre hospitalier universitaire Saint-Ouen Grand Paris Nord à horizon 2028 prévoit par exemple une maternité d'une capacité de 2 000 naissances par an. La construction du pôle mère-enfants d'Avicenne, prévue courant 2024, permettra l'ouverture d'une maternité d'une capacité de 3 000 naissances par an. Des réflexions ont également été engagées par le Centre hospitalier de Saint-Denis pour un futur pôle mère-enfants. Dans le même temps, la création d'une maison de naissance est actuellement en projet pour l'hôpital de Montreuil (155 accouchements prévus par an). L'ensemble de ces projets, auxquels l'Etat et l'ARS Île-de-France prennent part sur le long terme, devront permettre à la fois l'augmentation des capacités de prise en charge des maternités de Seine-Saint-Denis, mais également une meilleure adéquation de l'offre aux besoins, avec une meilleure distribution géographique des structures d'accouchement sur le territoire.