🤔Régularisation des travailleurs sans papiers sous-traitants de La PosteMme Mathilde Panot alerte M. le ministre de l'intérieur et des outre-mer sur la surexploitation dénoncée par les travailleurs sans-papiers du piquet de grève de Chronopost, à Alfortville dans le Val-de-Marne, et en appelle à la responsabilité de l'État. Le piquet de grève marquait la semaine dernière le deuxième anniversaire d'une lutte pour une égalité de droits avec les travailleurs réguliers et une reconnaissance de leur droit à la régularisation administrative. Au cœur de la nuit et au mépris du droit du travail, ils déchargent et rechargent des centaines de camions et des milliers de colis, à des cadences infernales, sans pauses, pour des salaires de misère. Ce sont ces travailleurs essentiels qui ont été pourtant applaudis durant la crise sanitaire. 24 mois de lutte, 24 mois à manifester jusqu'à 3 fois par semaine devant les préfectures et les ministères de l'intérieur et du travail, 24 mois de pugnacité et de détermination des grévistes, à tenir de jour comme de nuit ce piquet de grève. Malgré les nombreux soutiens des syndicats, des élus et de la population, malgré les innombrables aller-retours avec la préfecture du Val-de-Marne, celle-ci n'a accepté de recevoir qu'un dixième des dossiers, dont un tiers seulement a reçu une réponse. Le cadre collectif de la lutte n'est pas reconnu, la cause initiale de la lutte - le refus des employeurs d'attester la concordance malgré des dossiers étayés et des preuves indiscutables - est balayée. Mme la députée rappelle également que si Chronopost n'est qu'un sous-traitant, La Poste est poursuivie dans le cadre de la loi du 27 mars 2017, pour avoir failli à son « devoir de vigilance » des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordre. Les ministères de l'intérieur et du travail, tous deux parfaitement informés de la situation, détournent les yeux. À travers La Poste, la responsabilité de l'État et du Gouvernement sont totalement engagées. Comme actionnaire stratégique, l'État contrôle en effet le capital aux côtés de la Caisse des dépôts et consignations et n'ignore rien du système d'exploitation mis en place depuis des années. Mme la députée rappelle que considérer les travailleurs et travailleuses comme une main-d'œuvre corvéable à merci trahit les principes humanistes de la France. L'urgence humanitaire, sociale et démocratique est d'améliorer l'accueil des exilés, de leur permettre de travailler pour subvenir à leurs besoins sans les mettre à la merci d'employeurs peu scrupuleux. Ainsi, elle l'interroge sur le calendrier prévisionnel du ministère afin de mettre un terme à l'inertie inhumaine de la situation actuelle, en permettant notamment le dépôt collectif des demandes de régularisation des grévistes du piquet d'Alfortville et afin d'aboutir à la levée concertée du piquet de grève.