🤔Stop aux fermetures de classes et d'établissements scolaires en ruralité !Mme Murielle Lepvraud interroge M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur la fermeture de classes et d'établissements dans les territoires ruraux. Le 23 mai 2023, le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor annonçait le projet de fermeture du collège Pier An Dall de Corlay, laissant stupéfaite la population des communes alentour. Stupéfaite, car il est indéniable qu'un collège joue un rôle essentiel dans l'attractivité d'une commune et d'un territoire. En effet, la présence d'établissements scolaires est un critère majeur pris en compte par les jeunes couples lorsqu'ils envisagent de s'installer. Cette décision est d'autant plus surprenante que ce collège, qui a l'indice de classement social le plus bas du département, possède tous les atouts pour que ses élèves puissent s'y épanouir. Les quatre classes qui composent ce collège, une par niveau, permettent à l'équipe pédagogique d'assurer un excellent suivi des élèves. De même, cela permet de lutter plus facilement contre le harcèlement scolaire, l'un des grands chantiers du ministère de l'éducation nationale. Il est certain qu'une fermeture enverra une fois de plus un mauvais signal aux territoires ruraux, dont le sentiment d'abandon reste fort et continue de croître, comme l'indique le rapport d'information du comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques du 6 avril 2023. Les citoyens qui vivent en ruralité ont aussi le droit d'avoir des services publics efficaces et de proximité ! Pourtant, la menace continue de peser sur 45 autres établissements du département et plus généralement en Bretagne. C'est dans ce contexte que s'est constitué le Collectif des 45 classes dans les Côtes-d'Armor. La nouvelle carte scolaire qui prévoit la suppression de 45 classes dans le département est illogique dans un département qui comporte de nombreuses zones de revitalisation rurale. Les arguments avancés portant sur la diminution du nombre d'élèves dans les établissements, ou sur l'insuffisance de l'offre pédagogique ne tiennent alors pas. Et ce d'autant plus que ce n'est pas prouvé par les chiffres, en témoigne le collège de Corlay qui a des effectifs stables voire qui augmenteront de 30 % d'ici à 2030. De même, pour l'insuffisance d'offre pédagogique dans les collèges, il suffirait de recruter des professeurs. Si les arguments officiels avancés pour fermer des établissements ne tiennent pas, les véritables raisons semblent évidentes. Il y a dans un premier temps une volonté de faire des économies sur l'éducation des enfants. Et dans un second, les fermetures permettent au Gouvernement de pallier le manque de professeurs, car moins de classes et moins d'établissements signifie plus de regroupement et plus de regroupement signifie moins de personnel. Par conséquent, Mme la députée demande à M. le ministre ce qu'il compte faire pour freiner la stratégie de regroupement des établissements qui ne repose sur aucune pédagogie, mais qui sert uniquement à pallier le manque d'enseignants. Elle lui demande s'il ne trouverait pas plus pertinent de renforcer l'attractivité du métier d'enseignant en augmentant notamment les salaires et en privilégiant des effectifs raisonnables qui profitent aux personnels et aux élèves.