Bernard PerrutMonsieur le Premier ministre, lors du Congrès de Versailles, nous avons écouté avec attention le Président de la République, et nous sommes repartis avec une certitude : concernant les pensions de réversion, « rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui », ce qui veut donc clairement dire que tout changera pour les retraités de demain.
Nous sommes par conséquent en droit de nous interroger : le Gouvernement va-t-il remettre à plat, réduire et supprimer ces pensions, véritable pacte de solidarité entre conjoints, quand l'un d'eux a peu ou pas travaillé ?
Les conséquences en seraient dramatiques car, pour 4,5 millions de personnes, dont 90 % de veuves, ces pensions sont une source de revenus primordiale. Dans les années qui viennent, les millions de femmes concernées doivent pouvoir vivre dignement, si elles perdent leur époux.
Comment le Président de la République et le Gouvernement peuvent-ils vouloir jeter les bases d'un nouveau contrat social sans défendre les pensions de réversion, qui incarnent le respect de la nation à l'égard des hommes et femmes qui ont partagé leur vie, leur engagement familial, leurs efforts et leurs revenus ?
Notre société doit protéger les plus fragiles face aux vicissitudes de la vie. Or un nombre trop important de nos concitoyens voient d'ores et déjà leur pouvoir d'achat reculer.
Monsieur le Premier ministre, pour éviter toute rumeur, il vous appartient de sortir de l'ambiguïté, et de nous garantir que les pensions de réversion ne seront pas supprimées ou réduites pour les futurs retraités.