Mathilde PanotAujourd'hui, 1er août 2018, notre planète entière entre en dette écologique. En 1971, ce n'était que le 24 décembre. Pour notre pays, le jour du dépassement est le 5 mai. Tous les signaux sont au rouge : nous sommes entrés dans la sixième extinction de masse des espèces, les trajectoires actuelles nous entraînent vers quatre degrés de réchauffement climatique en 2100 et le monde verra 250 millions de réfugiés climatiques en 2050.
Les effets sont déjà là : l'année 2017 a été la troisième année consécutive de températures exceptionnellement chaudes, avec 710 événements climatiques extrêmes et 10 000 morts. Dans les villes, au moment où je vous parle, nos concitoyens étouffent sous l'effet de chaleurs extrêmes et de la pollution.
Dans un entretien au Journal du dimanche, monsieur Hulot, vous en appelez à une union sacrée sur le climat. Mais n'êtes-vous pas ministre ? Commencez donc par réaliser votre union sacrée au sein de votre propre gouvernement !
Il est vrai que vous êtes le ministre d'un gouvernement qui fait appel de l'annulation d'Europa City, projet qui contribue à l'artificialisation des terres ; d'un gouvernement qui brade nos réserves stratégiques d'eau et qui signe des traités de libre échange comme le CETA – Accord économique et commercial global – ou le JEFTA – accord de libre-échange entre le Japon et l'Union européenne –, lesquels accroissent le grand déménagement du monde ; d'un gouvernement qui laisse les émissions de gaz à effet de serre augmenter de 3 % par an, en dépit de ses engagements internationaux ; d'un gouvernement qui pratique une politique pour les riches avec, pour seul mot d'ordre : « Qu'ils crèvent et, après nous, le déluge ! »