Delphine BathoMonsieur le Premier ministre, hier, il a gelé au sommet du pic du Midi pour la première fois depuis 108 jours – c'est du jamais-vu.
Des records de chaleur ont été atteints ; il y a eu 1 500 décès liés à la canicule et cinquante-deux départements sont encore soumis à des restrictions d'eau. Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 3,2 %. La biodiversité s'effondre de manière vertigineuse : un tiers des oiseaux et 80 % des insectes ont été décimés. La pollution de l'air est devenue la troisième cause de mortalité en France. Des malformations congénitales ont été constatées dans trois départements ruraux. Dans l'organisme de nos enfants, on retrouve des poisons, en moyenne trente-quatre molécules à risque.
Voilà l'histoire qui s'écrit sous nos yeux, celle du petit quotidien de l'anthropocène. Cela nous impose de mener une politique de l'écologie intégrale, déterminant tous nos choix économiques et sociaux.
Monsieur le Premier ministre, nous avons l'habitude, ici, des discours sur l'écologie, d'où qu'ils viennent d'ailleurs. Mais il faut désormais dire stop, mettre un coup d'arrêt à cette folie destructrice.
Ma question est claire, directe. Je ne prendrai que deux exemples, que vous connaissez par cœur, symptomatiques à la fois de l'interférence des lobbies et des hésitations des pouvoirs publics.
L'abandon du projet de la Montagne d'Or, c'est oui ou c'est non ? La destruction de 1 500 hectares de forêt amazonienne avec 57 000 tonnes d'explosifs, là où vivent plus de 2 000 espèces animales et végétales, dont 127 sont protégées, c'est oui ou c'est non ?
L'interdiction du glyphosate, pesticide probablement cancérogène, le seul de cette catégorie à être autorisé en France, à l'origine d'un scandale sanitaire et environnemental, c'est oui ou c'est non ?
Peut-être me répondrez-vous vous-même, monsieur le Premier ministre. En tout cas, quel que soit le membre du Gouvernement qui le fasse, je souhaite que la réponse soit concise et tienne en trois lettres : oui ou non. Tout le reste est désormais dénué d'intérêt.