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🧭Gouvernement Philippe 2

















le président

La parole est à Mme Bénédicte Taurine, pour le groupe La France insoumise.
Bénédicte Taurine

Monsieur le ministre de l'éducation nationale, vous avez annoncé le dédoublement de classes en CP et CE1 dans les zones prioritaires.
Fabien Di Filippo

Au détriment de la ruralité.
Bénédicte Taurine

Ce serait une mesure positive si les moyens nécessaires étaient mis en place. Et c'est là tout le problème : vos dédoublements reposent sur un redéploiement de moyens. En effet, pour la rentrée 2018, les sources syndicales annoncent la création de 3 880 postes alors que votre mesure, à elle seule, en demanderait 6 400. Comment comblerez-vous les quelque 2 500 postes manquants ?
Pierre Cordier

CQFD !
Bénédicte Taurine

Les autorités académiques répondent à cette question en supprimant des dispositifs d'aide aux enfants en difficulté, en réduisant les moyens de remplacement et en fermant des classes rurales, contribuant ainsi à la désertification de nos territoires.
Fabien Di Filippo

Elle a raison !
Bénédicte Taurine

À ce sujet, les exemples ne manquent pas : on compte 180 fermetures dans le Val-de-Marne, et dans l'académie de Toulouse, tous les départements perdent des postes sauf la Haute-Garonne.
Jean Lassalle

Tout à fait !
Bénédicte Taurine

En fait, vous utilisez les départements ruraux comme des variables d'ajustement pour mettre en œuvre vos annonces démagogiques. Le nombre de postes étant insuffisant, il faudra fermer des classes. Cela conduira à surcharger d'autres niveaux et à fermer des écoles de montagne, sans régler le problème d'environ 62 % des CP, qui ont entre 21 et 25 élèves, ni des 17 % qui dépassent même les 25 élèves.
Fabien Di Filippo

Très juste ! Bravo !
Bénédicte Taurine

Chaque ministre y va de sa petite réforme, souvent pour se faire plaisir. Mais la question de l'éducation n'est pas traitée de façon sérieuse. Les personnels sont trop souvent abandonnés face aux difficultés, qu'ils gèrent comme ils le peuvent.

Monsieur le ministre, continuerez-vous à déshabiller Jacques pour habiller Paul ? Ou bien avez-vous en réserve, comme on le dit, les 2 500 postes nécessaires à votre réforme ?
Pierre Cordier

Très bien !
Bénédicte Taurine

Comment ces postes seront-ils répartis sur le territoire ?
Fabien Di Filippo

Bravo, madame !
le président

La parole est à M. le ministre de l'éducation nationale.
Jean-Michel Blanquer,
ministre de l'éducation nationale.
On pourrait presque définir l'éducation par son opposé, madame la députée, et cet opposé, c'est la démagogie.

De la démagogie, il en faut beaucoup pour décrire la rentrée prochaine comme un recul budgétaire dans le premier degré. Nous avons désigné l'école primaire comme une priorité et, vous l'avez rappelé, nous y avons créé 3 000 postes, et cela en dépit d'une baisse démographique. En termes d'équivalence, ce sont donc bien plus de 3 000 postes qui ont été créés.
Valérie Lacroute

Et en milieu rural ?
Jean-Michel Blanquer,
ministre.
Si nous tenions compte de la démographie, nous devrions supprimer des postes.
Bénédicte Taurine

Vous n'avez qu'une vision comptable !
Jean-Michel Blanquer,
ministre .
Non seulement nous n'en supprimons pas, mais nous en créons.
Fabien Di Filippo et M. Pierre Cordier

Ce n'est pas une question de moyens, mais de répartition des moyens !
Jean-Michel Blanquer,
ministre .
Chaque année, il est possible de faire de la démagogie en évoquant des fermetures d'écoles, puisque par définition, chaque année il y a des écoles ferment et d'autres qui ouvrent.
Christian Jacob

Le premier démagogue, c'est Macron !
Jean-Michel Blanquer,
ministre .
Nous menons une politique volontariste pour les départements ruraux  ; elle se traduit, en ce moment même, par le maintien de classes qui auraient été supprimées en temps normal.

Notre stratégie rurale se traduit par des contrats signés dans chaque département de France, comme je l'ai affirmé lors de visites récentes. On pourra toujours citer une classe ou une école qui ferme, ce fut le cas sous toutes les majorités, et c'est cela que j'appelle la démagogie.

La réalité est qu'en ce moment même, nous recevons les premiers retours sur le dédoublement des classes de CP, et que ces retours sont plus qu'excellents. Si ce renouveau vous gêne, il faut le dire, mais il s'agit bel et bien d'un renouveau.
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