Gabriel AttalIls ont été troublés par les images d'Arcueil où l'on voit des jeunes empêchés de passer leurs examens, certains se faisant intimider. Ces images ont indigné les Français, elles nous ont choqués, nous députés. S'il y a une chose qui nous rassemble tous, par-delà les clivages, c'est l'écharpe tricolore qui nous a été remise. Cette écharpe incarne la République, et la République, c'est le droit à l'éducation. Cette écharpe incarne l'intérêt général. Or, l'intérêt des jeunes est de valider leurs diplômes, première garantie d'emploi, non de gâcher un semestre, car tous les jeunes ne peuvent pas se payer une année d'études supplémentaire.
Cette écharpe nous permet de défendre des causes, mais elle n'autorise pas tout. Elle nous oblige. Oui, je le dis, vendredi dernier, cette écharpe a été abîmée.
Madame la ministre, nous avons mis fin à l'arbitraire du tirage au sort, les étudiants savent que l'université est revalorisée, qu'ils ont un droit à l'année de césure, qu'ils ont le droit au paiement à date de leur bourse, qu'ils ont le droit à une assurance maladie gratuite.
Madame la ministre, alors que des milliers d'étudiants passent en ce moment leurs examens, pouvez-vous les rassurer sur le fait qu'ils pourront travailler sereinement ? Pouvez-vous assurer aux Français que, malgré les tentatives de certains, jamais dans notre pays réussir ne sera un gros mot ?