Philippe GosselinMa question s'adressait à M. le Premier ministre, mais il semble qu'il vient de partir. Je voulais lui demander ce qu'avaient bien pu faire les automobilistes pour qu'il les malmène à ce point. Vitesse limitée à 80 kilomètres à l'heure à compter du 1er juillet, dans une impréparation manifeste ; nouvelles règles de contrôle technique à compter du 20 mai, ce qui va coûter très cher, notamment aux jeunes et aux personnes modestes ; généralisation de la dématérialisation de la délivrance des cartes grises et des permis de conduire qui tourne au fiasco : l'État a même été condamné pour cela.
Mais cela ne suffisait pas. Rouler est devenu un luxe ! Une fois de plus, l'automobiliste est considéré comme une vache à lait. Depuis plusieurs mois, le prix des carburants explose : le prix du gazole augmente de 15 %, celui de l'essence de 10 %. Je n'ignore certes pas le rôle de l'envolée du prix du brut, ni de la parité euro-dollar ou de la répartition des marges. Mais c'est surtout le niveau des taxes qui s'est envolé depuis le 1er janvier : 84 centimes sur l'essence, 94 par ailleurs.
Cette hausse du prix du carburant attaque très sérieusement le pouvoir d'achat de nos concitoyens, surtout ceux des territoires ruraux, une fois de plus, et des banlieues, celles et ceux qui ne disposent pas de moyens de transport alternatifs et n'ont d'autre choix que d'utiliser leur véhicule pour aller au travail, faire leurs courses ou déposer leurs enfants à l'école. En termes de pouvoir d'achat, ce que vous prétendez avoir donné d'une main, vous le reprenez de l'autre. C'est un recul extraordinaire du pouvoir d'achat, noté par l'INSEE lui-même – c'est dire !