Nathalie OziolJe voudrais commencer par adresser toutes nos pensées aux plus de 35 000 victimes du terrible séisme qui a frappé la Turquie et la Syrie le 6 février dernier, ainsi qu'à leurs familles et à leurs proches. L'Organisation mondiale de la santé dénombre désormais quelque 26 millions de sinistrés et 5 millions de personnes en situation de grande vulnérabilité.
Nous saluons l'action du Gouvernement, qui a très rapidement dépêché les premiers secours – personnels de santé et moyens matériels ; la gravité de l'événement rendait nécessaire cette réactivité , qui rappelle l'immense compétence du centre de crise et de soutien du ministère des affaires étrangères, dont tous les moyens et prérogatives doivent être maintenus.
La France a maintenant un devoir d'humanité. D'abord, dans ce contexte exceptionnel, celui de geler les expulsions vers la Syrie et la Turquie. Ensuite, celui de faciliter le rapprochement des victimes de la catastrophe avec leurs familles résidant en France. Elles ont parfois tout perdu : leurs proches, leur habitation, leurs souvenirs. En outre, comme lors de chaque catastrophe, les conditions d'hygiène sur place font craindre des épidémies.
Le gouvernement allemand a pris une décision qui doit nous inspirer : il va faciliter l'octroi de visas de trois mois pour les survivants de la catastrophe en Turquie et en Syrie, notamment dans le cadre de rapprochements de familles. La première diaspora turque d'Europe se trouve en Allemagne ; la deuxième, en France.
Monsieur le ministre de l'intérieur, allez-vous comme nos voisins allemands renforcer le personnel des consulats en Turquie ? Allez-vous simplifier les formalités administratives pour garantir l'accueil et la sécurité des Turcs et des Syriens qui ont besoin de rejoindre leur famille ? Enfin, qu'envisagez-vous pour assurer la protection des plus vulnérables, les enfants, qui ont parfois perdu leur famille et leur maison ?