Bertrand PancherMadame la Première ministre, je m'adresse à vous solennellement. Quand comptez-vous retirer la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron ? Prenez-vous la mesure du péril qui menace notre pays ? Les Français sont inquiets et en colère. Vous aviez fait le pari qu'une fois la réforme passée, la situation se calmerait. Elle devient au contraire incontrôlable.
Le résultat du vote sur la motion de censure transpartisane déposée par les élus du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires est un séisme politique. Merci à ceux qui l'ont accompagnée. Certes, il a manqué quelques voix, mais qui aurait pu prévoir que votre victoire serait si étriquée ? Mesurez-vous l'opposition à cette réforme – celle des organisations syndicales, celle de l'Assemblée, qui aurait majoritairement voté contre ce texte, et celle des Français, qui jugent la réforme injuste et inefficace ?
Parce que vous n'avez pas répondu aux manifestations pacifiques, d'une ampleur inédite, qui se sont tenues, nous assistons à une radicalisation du mouvement. Les forces de l'ordre sont à cran. Faute d'écoute et de véritables débats, le chaos risque d'emporter le pays. La démocratie est en danger.
Ne voulant pas du chaos, nous formulons des propositions. À travers vous, c'est au président Macron que nous nous adressons : il est encore temps pour lui d'éteindre l'incendie qu'il a déclenché.