Olivier DassaultMonsieur le ministre de l'économie et des finances, avoir un emploi est une fierté, un facteur de cohésion sociale et d'épanouissement, pas seulement un revenu. Alors, lorsque le chômage frappe, après le choc, la colère, la peur, le besoin de retrouver rapidement une nouvelle activité professionnelle surgit. J'ai ainsi une pensée pour les 317 salariés de l'usine Froneri de Beauvais qui perdront bientôt leur emploi, suite à la fermeture de leur usine.
Bien sûr, perfuser un outil de production condamné à disparaître du fait de son obsolescence ou de son manque de compétitivité, dans l'espoir d'en prolonger la vie, n'est pas la solution. Mais compenser cette disparition en accompagnant, en soutenant, en aidant les salariés, relève de notre devoir dans un monde en proie à tant d'incertitudes.
Je souhaite que nous puissions compter sur l'action du Gouvernement dans cette douloureuse épreuve parce qu'il n'est pas évident, dans la France de 2018, que traverser la rue suffise pour retrouver un emploi. Comme bien des collègues sur ces bancs, je rencontre et je reçois chaque semaine des témoignages de jeunes qui n'arrivent pas à accéder à une profession, à obtenir un contrat d'apprentissage ou un stage, malgré leurs efforts. Comment y remédier ? Que préconisez-vous ?
Nous traversons un bouleversement que les autres pays européens sont en train de résoudre. Pendant que la France reste à 9,2 % de chômage, nos voisins sont en moyenne à 6,8 % – 4 % au Royaume-Uni, 3,4 % en Allemagne. Il nous manque encore de puissants leviers : plus d'incitation, plus d'esprit d'équipe, l'attractivité économique.
Vous avez entre les mains, monsieur le ministre, les moyens de donner un nouveau souffle à l'emploi. Oh, je sais bien, vous me répondrez que vous avez déjà entendu cette histoire. Je répliquerai que le temps est venu de faire l'Histoire. Quelle est celle que vous allez écrire pour imaginer notre futur ?