Jean-Luc MélenchonMonsieur le Premier ministre, vous le savez, en France, dans notre pays passionné d'égalité et de fraternité, il n'y a pas d'ordre public possible, ni même souhaitable, sans justice sociale et c'est ainsi qu'il faut comprendre la puissance et l'étendue du mouvement des « gilets jaunes » que nous voyons se déployer dans tout notre pays, que ce soit dans l'Hexagone, dans les DOM-TOM comme, à cette heure même, à la Réunion. C'est donc la justice sociale qu'il faut rétablir si l'on veut que revienne l'ordre et que cessent les violences que provoquent ceux qui s'opposent à ce mouvement.
Il n'est pas juste, monsieur le Premier ministre, de prendre 4 milliards à des gens qui n'ont pas d'alternative aux déplacements en voiture par une surtaxe sur les carburants au moment même où vous donnez exactement la même somme, en supprimant l'impôt sur la fortune, à des familles de riches qui n'en ont pas besoin et qui ne vous l'ont jamais demandé.
Si vous voulez régler la crise actuelle, partez de l'idée que la situation est tellement exceptionnelle qu'elle justifie, puisque le débat budgétaire est encore en cours, le rétablissement immédiat de l'impôt de solidarité sur la fortune et la suppression de la taxe sur les carburants.
Il n'est pas juste d'arguer de la transition économique lorsque vous disposez de 40 milliards au titre du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, que vous allez faire passer dans le droit commun, alors que vous pourriez affecter ce montant au budget de l'écologie, où il remplirait immédiatement les carnets de commandes dans tout le pays et donnerait de l'emploi et du mieux-vivre pour tout le monde.
Vous avez, paraît-il, l'intention d'interdire la manifestation appelée par les gilets jaunes pour samedi. Je suis donc obligé de vous dire que, si beaucoup d'entre nous participeront à la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles, les insoumis iront aussi dans cette manifestation.