Anne-Laure CattelotPermettez-moi tout d'abord, avec mes collègues Perrine Goulet et Aude Amadou, de saluer en tant qu'ancienne handballeuse, nos championnes d'Europe.
Monsieur le ministre de l'action et des comptes publics, les mesures annoncées par le Président de la République et précisées par le Premier ministre sont des mesures de justice sociale et j'ai déjà constaté dans ma circonscription du Nord qu'elles ont été favorablement accueillies.
Cependant, la colère accumulée depuis des décennies est aussi la conséquence d'une crise profonde ayant pour sources l'incompréhension et la frustration. Nous avons en effet, d'un côté, des services publics de qualité et des dispositifs d'accompagnement sociaux et, de l'autre, des Françaises et des Français qui ont le droit d'y recourir mais n'en bénéficient pas. La faute en revient à l'éloignement géographique, à l'éloignement social et parfois à un défaut de présentation des services publics eux-mêmes. Je vois ce problème quotidiennement et j'essaie d'y remédier à mon niveau, comme nombre de mes collègues dans cet hémicycle.
Ce que nous constatons, c'est par exemple un chèque énergie de 200 euros qui reste dans le tiroir faute d'accès à internet, une formation proposée par Pôle emploi inadaptée pour quelqu'un qui ne sait ni lire ni écrire correctement, 70 % des crédits de l'Agence nationale de l'habitat non consommés dans ma région ou encore une pension de retraite servie avec trois mois de retard. L'intervention d'un élu est parfois nécessaire pour qu'une réponse soit apportée rapidement aux citoyens en attente. Ce n'est pas acceptable ! L'accès à ces services doit être équitable. L'intervention des élus ne devrait pas être nécessaire.
Entendons-nous bien : mon propos n'est pas d'accabler les fonctionnaires qui travaillent aux guichets de la CAF ou de la CPAM non plus que les travailleurs sociaux des départements. Je m'interroge seulement sur les moyens de former et de motiver ces fonctionnaires en leur donnant envie d'être aussi les artisans de l'émancipation des citoyens. Il faut pour cela les aider dans leurs activités, parfois compliquées et dans lesquelles ils peuvent être entravés.
Monsieur le ministre, le Président de la République a dit qu'il fallait à présent faire du « cousu main ». Les services de l'État doivent être présents dans les territoires en difficulté et auprès de leurs habitants.
J'appelle de mes vœux une relocalisation des services publics au cœur des territoires. J'appelle de mes vœux une mobilisation des agents publics remotivés, qui souhaitent recevoir encore plus de marques de remerciements des citoyens qu'ils aident.
Monsieur le ministre, que comptez-vous faire pour que les services publics soient plus proches de ceux de nos concitoyens qui en ont le plus besoin, et que ceux-ci les utilisent mieux ?