André ChassaigneMadame la Première ministre, la situation sociale de notre pays a atteint un seuil d'alerte sans pareil ; elle est explosive. Malgré cela, le Président de la République a une nouvelle fois versé dans l'autosatisfaction, nous expliquant que la situation pourrait être pire. Dans le même temps, Bruno Le Maire en est encore à quémander quelques efforts aux uns et aux autres, sans rien obtenir. Et pour cause, vous tremblez à l'idée de contraindre.
L'urgence est pourtant sous vos yeux : 40 % des étudiants déclarent renoncer à des soins, 42 % des Français au Smic se privent d'un repas par jour, près d'un enfant sur cinq est touché par la pauvreté. Plus violente encore est la situation subie par les habitantes et habitants des territoires dits d'outre-mer, qui sont parfois privés du droit fondamental à l'eau potable. Impréparation, demi-mesures : voilà vos seules réponses à l'inflation galopante et à la stagnation des revenus. En méprisant le Parlement, en maltraitant notre démocratie, en matant la colère – alors qu'il aurait fallu vous efforcer de l'entendre –, vous vous êtes coupés du peuple et de ses réalités.
Nos propositions ont été mises sur la table et sont largement soutenues dans tout le pays : indexation des salaires sur l'inflation , augmentation des pensions, blocage des prix des biens de première nécessité, sortie du marché européen de l'énergie, taxation des superprofits. Ces propositions, nous les défendrons aux côtés de l'ensemble des organisations syndicales, le 13 octobre prochain.
Comme l'a rappelé mon collègue Fabien Roussel, la question sociale – celle de la vie chère – est la question centrale de la rentrée. Madame la Première ministre, n'ajoutez pas de la colère au désespoir, agissez avant une nouvelle explosion sociale. Entendrez-vous enfin nos propositions ?