Jean-Marc TellierLes faits sont implacables : en France, la pauvreté gagne du terrain. Plus de 10 millions de Français vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté. Les Restos du cœur constatent une hausse de 12 % des bénéficiaires de l'aide alimentaire. Les rapports du Secours catholique et du Secours populaire doivent nous alerter. Notre jeunesse est très touchée par ce phénomène : les 18-25 ans représentent près de 24 % des travailleurs pauvres. Quant aux privés d'emploi, moins d'un sur deux est indemnisé.
Les fautifs, ce ne sont pas la pandémie ou l'inflation, qui ne font qu'aggraver la situation. Les fautifs, c'est vous ! Vous êtes responsables de la déstructuration du code du travail et de l'assurance chômage, véritable trappe à emplois précaires.
Et pendant que les ménages peinent à boucler leurs fins de mois, à l'ouverture du congrès des maires, les élus locaux nous alertent sur cette situation sociale dramatique qui met en première ligne nos services publics et nos centres communaux d'action sociale.
Les dépenses liées à l'énergie explosent, et cela déséquilibre les budgets de nos collectivités. Nos maires sont très inquiets. Quels services devront-ils supprimer ?
Chez moi, dans le Pas-de-Calais, comme ailleurs en France, trop de nos communes sont laissées pour compte. Le filet de sécurité a permis de verser un acompte à 2 100 communes seulement. Comment l'expliquer ? Comment peut-on expliquer que dans ma région, les Hauts-de-France, l'un des territoires les plus pauvres de France, huit communes seulement dans le Nord l'ont reçu, zéro dans le Pas-de-Calais, zéro dans la Somme, zéro dans l'Aisne ?