Andrée TaurinyaAprès un parcours migratoire traumatisant, ils croient arriver au pays des droits de l'homme mais découvrent celui de Kafka. Ils doivent prouver leur âge mais on remet en cause la validité de leurs papiers. S'ils les ont perdus durant leur périple, on les empêche de se mettre en lien avec leurs familles. À chaque refus de minorité, ils sont remis à la rue par l'État français, livrés à eux-mêmes.
À Ivry-sur-Seine, ils sont 500 dans un campement qui comprend cinq toilettes et six robinets d'eau. Depuis vendredi, 300 d'entre eux se sont installés devant le Conseil d'État, dans le froid et toujours en attente d'hébergement, 12 ont dû être évacués par les pompiers. Malgré les demandes des élus locaux, le préfet, sans proposer de solution d'hébergement pérenne, a donné l'ordre d'évacuation. Celle-ci aurait lieu demain, au petit matin, de manière inhumaine, comme cette fameuse nuit de novembre 2020 place de la République.
Le Comité des droits de l'enfant, mandaté par l'ONU, a ouvert une enquête sur la prise en charge des MNA en France. Madame la Première ministre, prenez l'engagement solennel, devant la représentation nationale, que votre gouvernement coopérera de manière transparente avec ce comité dans le cadre de cette enquête.
Quand prendrez-vous les mesures qui s'imposent pour que la France respecte la Convention internationale des droits de l'enfant qui édicte la présomption de minorité ? Combien de temps l'État laissera-t-il ces jeunes à la rue et dans le froid ?