Arnaud Le GallLes États-Unis sont un grand pays aux côtés duquel nous avons des défis à relever. Mais ils ne considèrent pas l'espace transatlantique comme exempt de compétition. Dans le capitalisme globalisé, la concurrence généralisée est en effet la règle et elle n'est jamais libre et non faussée. Biden a raison de conditionner les aides publiques à la création d'emplois locaux, de relocaliser les productions pour réduire la vulnérabilité de son pays et de consacrer 80 milliards au renforcement de la lutte contre l'évasion et la fraude fiscale. Votre politique néolibérale et libre-échangiste s'en voit ringardisée, avec ses 140 milliards d'aides annuelles aux entreprises sans contrepartie, avec son plan de relance européen qui n'aura fait que gaver la finance, avec son refus de tout protectionnisme, avec son obsession des équilibres budgétaires alors même que cela gonfle la dette contre laquelle vous prétendez lutter.
Il est urgent de changer, et non de demander à Biden de le faire. Notre avenir industriel, l'emploi, et notre indépendance énergétique, sanitaire et stratégique sont en jeu. Nous ne devons être dépendants ni des États-Unis, ni de la Russie, ni de la Chine, ni de quiconque.
Quand travaillerez-vous à la mise en place d'un protectionnisme écologique et social européen ? Seriez-vous prêts à désobéir aux traités européens en instaurant ce protectionnisme en France ? N'attendons pas une illusoire autorisation de la Commission européenne ou de l'Allemagne. L'avenir du peuple français est en jeu.