François Braun, ministre de la santé et de la prévention. Bien évidemment, nous discuterons des différentes propositions issues de ce groupe transpartisan. Je me réjouis d'avoir un débat que j'espère apaisé et non doctrinaire sur le sujet. Je me suis exprimé à plusieurs reprises : je ne suis pas favorable à des méthodes coercitives, non par doctrine, mais parce qu'elles ne fonctionnent pas, comme cela a été montré dans de nombreux pays.
De plus, elles se heurtent à un refus global de l'ensemble des professionnels, y compris les plus jeunes, représentés au sein du collectif Médecins pour demain, que j'ai rencontrés ce matin. J'aurais donc à cœur de vous démontrer et de vous convaincre que ces propositions coercitives ne fonctionnent pas. J'aurais surtout à cœur de vous en proposer d'autres, issues des travaux des différents volets du Conseil national de la refondation, auxquelles nous travaillons avec les professionnels. Lutter contre toutes les inégalités d'accès à la santé est un de mes principaux objectifs, non seulement à court terme, mais également à moyen et long termes.
Il est dangereux d'appliquer des solutions qui semblent adaptées aujourd'hui, mais qui seraient néfastes demain. Malheureusement, l'instauration du numerus clausus et de certains modes de financement ont montré que des erreurs, qui pouvaient sembler un jour constituer de bonnes solutions, peuvent plomber pour de nombreuses années le système de santé.
Redonner du temps médical est certainement l'une des solutions les plus rapides et les plus efficaces. Cela passe par le partage de compétences, les simplifications administratives, le maintien en activité d'un tiers des médecins généralistes qui ont aujourd'hui plus de 60 ans. Je tiens également à saluer le travail effectué par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, lui aussi transpartisan. Celle-ci n'a d'ailleurs pas retenu la coercition, ni des mesures « brutales » de régulation de l'installation. Quoiqu'il en soit, je ne doute pas que nous aurons l'occasion de discuter et d'échanger sur ces différents sujets.