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🧭Gouvernement Borne
















la présidente

La parole est à M. Perceval Gaillard.
Perceval Gaillard

Monsieur le ministre de l'intérieur et des outre-mer, lors d'une récente interview parue dans Le Point, vous avez tenu sur l'esclavage des propos révisionnistes et paternalistes que l'on aurait espéré ne plus jamais entendre au XXIe siècle. Vous avez dit : « C'est la République française qui a aboli l'esclavage. Donc, on leur demande d'aimer la République, pas toute l'histoire de France évidemment. »

Non, ce n'est pas la République qui a libéré les esclaves, mais ce sont les esclaves eux-mêmes qui se sont libérés par leur lutte et leur combat. Non, vous ne pouvez pas exiger que l'on vous aime ! D'ailleurs, peut-il exister une injonction à l'amour ? L'amour relève du consentement et du respect, exactement l'inverse de l'esclavage, qui incarne les pires contraintes et violences que l'humanité ait jamais créées.

Monsieur le ministre, l'ignorance est une chose, le mépris en est une autre. Vous n'êtes pas le premier, et malheureusement pas le dernier, à ne rien connaître ni comprendre aux outre-mer. En revanche, vous êtes l'un des rares à vous permettre une telle condescendance. Ainsi, je vous le dis comme je le pense : vous nous faites honte ! En tant que député de La Réunion, je vous le dis comme tel, aux côtés de mes camarades et collègues ultramarins : vous êtes disqualifié après de tels propos.

Lorsque vous parlez ainsi, vous ne représentez pas la République mais son antithèse. La République ce sont nos reines et rois marrons, nos résistantes et nos résistants. La République c'est Cimendef, Élie ou Héva, ce n'est pas vous ! La République c'est l'esclave Romain en Martinique ou le marron Pèdre en Guadeloupe, ce n'est pas vous ! La République c'est le marron Boni en Guyane ou l'engagé Bakar Koussou à Mayotte, ce n'est pas vous !

Alors, comme seize de mes collègues ultramarins et moi-même vous l'avons demandé dans un courrier, nous exigeons des excuses.
Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux, ministre de la justice

Hallucinant !
Perceval Gaillard

Au nom de nos peuples, de celles et ceux qui ont lutté pour leur liberté dans des conditions très difficiles et qui incarnent, plus que vous ne le ferez jamais, notre devise républicaine émancipatrice : Liberté, Égalité, Fraternité
la présidente

La parole est à M. le ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Gérald Darmanin,
ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Monsieur le député, à vouloir faire des polémiques sur tout, on se disqualifie. Tout d'abord, je constate que la lettre ouverte que vous avez bien voulu m'envoyer n'a été signée que par les parlementaires de votre intergroupe, la NUPES. Les autres députés ultramarins ont compris.

C'est vous qui n'êtes pas républicains car rappelons ici l'histoire et soyons-en fiers : par deux fois, la République a aboli l'esclavage.
Olivier Serva

C'est faux !
Gérald Darmanin,
ministre .
Pardon de faire un cours sur Robespierre aux amis de M. Mélenchon, mais c'est en 1794 que, réunis en assemblée du peuple, les parlementaires…
Ségolène Amiot

Honte à vous !
Gérald Darmanin,
ministre .
Madame la députée, allez voir M. Mélenchon.
la présidente

S'il vous plaît, chers collègues.
Gérald Darmanin,
ministre .
En 1794, les parlementaires ont suivi M. Robespierre et étendu ce que la République avait déjà fait pour la France métropolitaine en 1792 : abolir l'esclavage. En 1848, c'est la République qui a aboli l'esclavage en Martinique puis en Guadeloupe.
Olivier Serva

C'est faux !
Gérald Darmanin,
ministre .
Cela ne retire évidemment rien au combat de ceux, esclaves ou non, qui ont lutté contre ce crime contre l'humanité. Je n'ai rien dit d'autre, monsieur le député. Je pense qu'il vous faut réviser vos livres d'histoire.
la présidente

La parole est à M. Perceval Gaillard.
Perceval Gaillard

Monsieur le ministre, je vois que le mépris est vraiment une seconde nature chez vous.
🚀