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🧭Gouvernement Borne
















la présidente

La parole est à Mme Caroline Parmentier.
Caroline Parmentier

Madame la ministre de la culture, je me suis rendue au Palais de Tokyo pour dénoncer le tableau de Miriam Cahn, qui présente aux yeux de tous une scène de pédocriminalité. Ce tableau représente un enfant à genoux, les mains ligotées dans le dos, forcé à une fellation par un adulte. Rien ne justifie l'exposition d'une telle œuvre, pas même le prétexte de la dénonciation de crimes de guerre. Depuis le 17 février, ce tableau à caractère ouvertement pédopornographique est exposé dans la sphère publique sans interdiction aux mineurs dans un musée du 16e arrondissement.

Rappelons que si nous-mêmes et d'autres associations de protection de l'enfance n'avions pas dénoncé l'exposition des dessins de Bastien Vivès, il aurait été exposé cette année au festival de la bande dessinée d'Angoulême. Son exposition a été annulée et il est désormais sous le coup d'une enquête préliminaire de la brigade de protection de la famille pour diffusion d'images pédopornographiques.

Comme l'a rappelé l'association Innocence en danger, qui a demandé le retrait de la toile, le tableau de Miriam Cahn nuit gravement à nos valeurs communes et au combat pour la protection de l'enfance.

En tant que membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation, en tant que membre de la Délégation aux droits des enfants, mais surtout en tant que femme et en tant que mère, je vous le demande, madame la ministre : l'exposition de ce genre de tableaux sera-t-elle l'un des marqueurs de votre mandat, un glissement vers la démocratisation et l'acceptation de ce type d'œuvres ? Si ce n'est pas le cas, je vous le demande solennellement : quand ce tableau va-t-il être décroché ?
la présidente

La parole est à Mme la ministre de la culture.
Rima Abdul-Malak,
ministre de la culture.
Ne mélangeons pas tout.
Sébastien Chenu

Ça commence mal !
Rima Abdul-Malak,
ministre.
Les membres du Gouvernement mènent chaque jour, aux côtés de ma collègue Charlotte Caubel, le combat pour la protection de l'enfance et contre toutes les formes de violences.

De quoi est-il question dans le tableau auquel vous faites référence, qui est actuellement exposé au Palais de Tokyo ? Il a été peint par une artiste suisse, Miriam Cahn, âgée de 73 ans , qui documente et dénonce depuis quarante ans les horreurs de la guerre. Telle est son intention. Vous avez voulu faire un coup de com' en allant filmer ce tableau,…
Laure Lavalette

C'est une honte !
Frédéric Boccaletti

Ce n'est pas de l'art, c'est de la pédophilie !
Rima Abdul-Malak,
ministre.
…mais avez-vous vu l'ensemble de l'exposition ? Avez-vous échangé avec les médiateurs ? Avez-vous lu les explications ? On ne peut pas sortir une œuvre de son contexte.

L'intention de l'artiste, qui entend dénoncer les crimes de guerre, est diamétralement opposée à l'interprétation que vous en faites.
Laure Lavalette

On s'en fiche, c'est la perception de tous les autres qui compte !
Rima Abdul-Malak,
ministre.
Elle le dit clairement : « Ce ne sont pas des enfants [qui sont représentés]. »
Laure Lavalette

Vous êtes complice !
Rima Abdul-Malak,
ministre .
« [Ce tableau] traite de la façon dont la sexualité est utilisée comme arme de guerre, comme crime contre l'humanité. »
Grégoire de Fournas

C'est dégueulasse, enfin ! C'est de la pédophilie !
Rima Abdul-Malak,
ministre .
« Le contraste entre les deux corps figure la puissance corporelle de l'oppresseur et la fragilité de l'opprimé ». La répétition des images des violences commises dans les guerres vise à dénoncer.

Oui, l'art peut choquer et questionner.
Frédéric Boccaletti

Vous avez vu le tableau ? Ce n'est pas de l'art !
Rima Abdul-Malak,
ministre.
Il peut parfois susciter du malaise, voire du dégoût. L'art n'est pas consensuel. La liberté .d'expression et de création est garantie par la loi. Vous avez toute liberté d'interpréter l'œuvre comme vous le souhaitez.
Julie Lechanteux

C'est une honte !
Rima Abdul-Malak,
ministre .
En revanche, il ne revient ni à une ministre ni à une parlementaire de qualifier une infraction pénale : c'est là le rôle de la justice.
Marine Le Pen

Écœurant !
la présidente

La parole est à Mme Caroline Parmentier.
Caroline Parmentier

Il suffirait donc qu'un artiste décrète que ce n'est pas un enfant qui est représenté – alors que c'en est clairement un –…
Jean-Philippe Tanguy

Évidemment !
Caroline Parmentier

…pour être dédouané de sa responsabilité ? En réalité, comme l'a rappelé l'association Juristes pour l'enfance, peu importent les allégations ou même les intentions de l'artiste : elles ne lui permettent pas d'échapper à la qualification pénale, dans la mesure où le plus grand nombre reconnaît bien un enfant…
Marine Le Pen

Bien sûr !
Julie Lechanteux

Évidemment !
Caroline Parmentier

…dans cette figure agenouillée et violée. Au nom de tous les enfants abusés, vous devriez avoir honte des propos que vous venez de tenir, madame la ministre !
🚀