Elsa FaucillonMonsieur Dussopt, vous savez très bien qu'il n'y aura pas que les seize salariés d'Orano ! Des milliers de femmes et d'hommes sont suspendus à la publication des décrets d'application de la réforme pour déterminer s'ils devront, ou non, retirer leur demande de départ à la retraite, ou consentir à une décote de leur pension.
De même, des travailleurs venus du Maghreb ou d'Afrique subsaharienne, occupant les métiers les plus pénibles et bénéficiant de retraites de misère à cause de carrières hachées – faites d'intérim et de périodes mal ou non déclarées par leur employeur – découvrent qu'il leur faudra rester neuf mois par an en France – et non plus six – pour bénéficier de l'allocation de solidarité aux personnes âgées.
Du jour au lendemain, vous brisez des projets de vie et vous volez des années de vie ! On hésite : doit-on accuser votre gouvernement de manque d'anticipation ou de malhonnêteté ? Avec le précédent sur les carrières longues et sur les 1 200 euros, permettez-nous de pencher pour un mensonge de plus !
Ce mensonge cache votre déconnexion abyssale avec la vie des Français. C'est une marque de mépris supplémentaire et, à n'en pas douter, votre réforme nous réserve encore beaucoup trop de mauvaises surprises.
Alors, non, décidément, nous ne tournerons pas la page car elle ne se tourne pas comme cela. C'est pourquoi les députés du groupe GDR-NUPES, comme les autres députés de la NUPES, seront au rendez-vous, le 6 juin dans la rue, …