Jean-Philippe NilorMadame la Première ministre, à la veille de la commémoration de l'abolition de l'esclavage, une nouvelle forme de servitude s'abat de plein fouet sur les populations dites ultramarines, dont la mobilité est forcément captive. Pour le seul mois de mars, le coût du billet d'avion a augmenté de plus de 50 % en Martinique et en Guadeloupe. Entre le 1er et le 25 août, il faudra débourser 2 231 euros pour un Paris-Fort-de-France, contre 1 037 euros pour un Paris-Miami. Objectivement, la flambée du coût du kérosène et la guerre en Ukraine n'expliquent pas une telle différence de prix pour des durées de vol équivalentes. Les tarifs plus qu'abusifs, imposés par des compagnies aériennes oligopolistiques à des peuples qui ploient déjà sous la vie chère, constituent un véritable scandale.
Depuis 1976, l'État a doté la Corse d'une délégation de service public. Au titre de la continuité territoriale, il y dépense aujourd'hui 220 millions d'euros, ce qui nous réjouit, contre seulement 45 millions pour l'ensemble des territoires dits d'outre-mer, ce qui nous révolte. Madame la Première ministre, au nom du principe d'égalité, quand adopterez-vous enfin, dans les territoires dits d'outre-mer, une vraie politique de continuité territoriale dotée de véritables moyens budgétaires, à l'instar de la Corse ?