Stéphane PeuMa question s'adresse à M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Plus que dans n'importe quel autre pays de l'OCDE – Organisation de coopération et de développement économiques –, le système éducatif français reproduit les inégalités sociales au lieu de les corriger. Pire, il les aggrave. C'est la raison pour laquelle vos déclarations en faveur d'un renforcement de la mixité scolaire ont suscité un tel intérêt dans le pays : oui, l'assignation et l'enfermement des enfants à leur situation sociale d'origine sont indignes de la France !
L'excellence éducative se concentre désormais dans les cœurs gentrifiés des métropoles et les territoires les plus bourgeois, comme en témoignent les disparités accablantes des indices de position sociale entre les établissements, statistiques que l'État a trop longtemps tenues secrètes. Il s'agit là d'un véritable séparatisme qui mine les fondements de notre République. Nous en sommes convaincus : un pays qui laisse les inégalités se creuser est un pays qui régresse. Nous ne voulons pas ouvrir une nouvelle guerre scolaire, mais nous ne supportons plus la guerre sociale dont sont victimes les élèves issus des milieux populaires.
J'ai donc deux questions.
Quelle suite entendez-vous donner au rapport dans lequel la Cour des comptes s'émeut de l'absence de contrôle et de contrepartie en matière de mixité sociale dans l'enseignement privé sous contrat, sachant qu'il est financé à 73 % par l'État et les collectivités ?
Alors que le département le plus riche de la France hexagonale est mitoyen du département le plus pauvre, quelle suite donnerez-vous à la proposition, que vous avez vous-même jugée « décoiffante », de réunir dans une même académie Paris et la Seine-Saint-Denis ?