Éric Dupond-Moretti,
Ministère de la justice •
28 févr. 2023Le régime des exceptions de nullité est aujourd'hui particulièrement restrictif, qu'il s'agisse des vices de forme ou des vices de fond. En effet, d'une part, un acte n'est susceptible d'être annulé pour vice de forme que si la partie démontre le grief que lui cause l'irrégularité, ce qui est en pratique une preuve très difficile à rapporter, et d'autre part, les vices de fond sont limitativement énumérés par le règlement de sorte que ces causes de nullité ne peuvent pas être fréquemment invoquées. En toute hypothèse, les textes permettent d'ores et déjà, à certaines conditions, de régulariser les actes entachés de nullité pour vice de forme ou pour vice de fond (C. pr. civ., art. 115 et 121). Force est de constater que le droit à la régularisation des actes viciés existe donc déjà puisque dans la majorité des cas les causes de nullité peuvent être réparées jusqu'à ce que le juge statue. Toutefois, au-delà de cet aspect technique de la procédure civile, le ministère de la Justice travaille sur plusieurs projets de simplification et de modernisation procédurales afin de lever les complexités inutiles. Il en est ainsi, par exemple, du traitement des fins de non-recevoir par le juge de la mise en état, qui fait l'objet d'une expertise approfondie en lien avec les acteurs du procès civil.