Catherine Colonna,
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères •
11 juil. 2023La France a la chance d'avoir une filière pomme robuste et autosuffisante, dont la grande qualité des produits est reconnue. L'offre de pommes françaises est qualitative grâce à l'enregistrement d'une AOP, de deux IGP et d'un Label Rouge, mais aussi grâce à une utilisation restreinte de produits phytosanitaires. En plus de proposer des produits hauts de gamme, le prix au kilo des pommes françaises (1,18 USD/kg) reste moins élevé que celui de nos voisins européens comme les Pays-Bas (1,31 USD/kg). Les importations sont ainsi essentiellement limitées au secteur de la transformation, ce qui ne met pas en danger les productions de pommes labelisées. La filière export française a, par ailleurs, réussi à établir des relations avec 105 pays partenaires, dont deux pays importateurs majeurs. La France détient 28 % des parts du marché britannique et 11 % de celles du marché allemand. Le prix élevé pratiqué par les pomiculteurs français à l'export a permis de générer un excédent commercial de 386 millions USD en 2020. Afin de lutter contre la baisse de la surface des vergers, FranceAgriMer conduit chaque année un appel à projet d'aide à la rénovation du verger arboricole, qui vise à permettre le financement de certaines dépenses de plantations dans les vergers. Ce dispositif permet ainsi d'adapter des exploitations fruitières au marché actuel, d'améliorer la compétitivité de la production française et de favoriser le maintien du potentiel de production. Il est doté d'une enveloppe globale de 4 millions d'euros. Plus de quatre cents dossiers déposés ont été déclarés éligibles pour bénéficier de l'aide en 2022. Parmi les axes de soutien du Gouvernement à la filière, le ministre de l'agriculture a annoncé, en février au Salon de l'agriculture, un plan de souveraineté en fruits et légumes, qui vise à soutenir le développement de la production à l'horizon 2030-2035, avec une première enveloppe de 200 millions d'euros dès 2023. Cette enveloppe a permis l'ouverture par Bpifrance d'un appel à manifestation d'intérêt sur les équipements innovants pour la filière fruits et légumes, clôturée au 12 mai dernier. Ce dispositif conduira à l'ouverture, à l'automne, de guichets d'aide opérés par FranceAgriMer, dotés de 100 millions d'euros pour permettre aux agriculteurs d'investir dans des équipements innovants, notamment des plants arboricoles, afin d'améliorer leur productivité et leur compétitivité, tout en faisant face aux enjeux sociaux et environnementaux. Par ailleurs, l'appel à projet « Rénovation des vergers » de FranceAgriMer est reconduit chaque année, en complément des aides à l'investissement ouverts par les régions et des programmes opérationnels, à destination des organisations de producteurs, qui permettent de financer, avec des crédits du Fonds européen agricole de garantie (FEAGA), de très nombreux investissements matériels, à hauteur de 50 %. Toujours au niveau français, le plan Ecophyto 2030, annoncé en février par la Première ministre au Salon de l'agriculture, a pour objectif de proposer des alternatives aux substances phytosanitaires interdites sur le territoire national, mais également de mieux coordonner la réglementation nationale avec le niveau européen. Concernant la concurrence étrangère par les coûts de main d'œuvre, l'exonération de cotisations patronales pour l'emploi de travailleurs occasionnels et demandeurs d'emplois (TO-DE) permet de soutenir les entreprises agricoles employeuses de main d'œuvre occasionnelle et confrontées à une concurrence particulièrement importante de la part d'entreprises étrangères. Ce dispositif a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2025 par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2023.