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🧭Gouvernement Barnier
Michel Barnier
, Premier ministre
Didier Migaud
, Ministère de la justice
Catherine Vautrin
, Ministère du partenariat avec les territoires et de la décentralisation
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur
Anne Genetet
, Ministère de l’éducation nationale
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Rachida Dati
, Ministère de la culture
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées et des anciens combattants
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de l’énergie, du climat et de la prévention des risques
Antoine Armand
, Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie
Geneviève Darrieussecq
, Ministère de la santé et de l’accès aux soins
Paul Christophe
, Ministère des solidarités, de l’autonomie et de l’égalité entre les femmes et les hommes
Valérie Létard
, Ministère du logement et de la rénovation urbaine
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de la forêt
Astrid Panosyan-Bouvet
, Ministère du travail et de l’emploi
Gil Avérous
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative

Guillaume Kasbarian
, Ministère de la fonction publique, de la simplification et de la transformation de l’action publique
Avec
Patrick Hetzel
, Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche27 nov. 2024

ANTISÉMITISME DANS L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR


Mme la présidente . La parole est à Mme Caroline Yadan, pour exposer sa question, no 11, relative à l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur.

Mme Caroline Yadan . Pas un jour ne passe sans que nous observions avec inquiétude la montée préoccupante de l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur. Depuis le 7 octobre, comme l'a mis en évidence la récente mission d'information sénatoriale consacrée à ce sujet, une haine des Juifs décomplexée, qui se nourrit de la haine d'Israël, contamine un grand nombre de nos établissements – universités comme grandes écoles prestigieuses. Ces lieux, censés être des espaces de savoir, de dialogue et d'intelligence collective, sont aujourd'hui le théâtre de propos et d'actes antisémites inacceptables. Depuis plus d'une année, des affiches sont collées, des tracts sont distribués, des manifestations sont régulièrement organisées au sein de ces établissements, dans lesquelles on retrouve des slogans glorifiant des actes terroristes, comparant les Juifs à des nazis, ou appelant à la destruction ou à la négation d'Israël. De nombreux professeurs sont également empêchés d'enseigner sereinement.

Ces formes renouvelées d'antisémitisme s'accompagnent, au nom des droits humains, d'appels au boycott discriminatoires à l'égard d'Israël. Lors d'un conseil d'administration organisé le 25 juin dernier, Sciences Po Strasbourg a suspendu son partenariat avec l'Université Reichman de Herzliya. L'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) a adopté, le 22 novembre dernier, une résolution de suspension de partenariat avec des établissements ou des fournisseurs israéliens. Ces décisions discriminatoires constituent un véritable boycott académique, symptomatique du climat délétère qui alimente la haine antijuive dans l'enseignement supérieur. Par ailleurs, les membres du conseil d'administration de l'université Paris-Nanterre ont adopté, le 18 novembre dernier, une motion sur la guerre en cours opposant Israël et le Hamas, motion qui reprend précisément la rhétorique propagandiste des mouvements terroristes.

Face à ces graves dérives, l'enseignement supérieur doit demeurer un espace où le débat est constructif, où les idées s'opposent sans haine, dans le respect des valeurs républicaines et des principes de notre démocratie. Dans ce contexte, quelles mesures envisagez-vous de prendre face aux appels au boycott discriminatoires et à cette montée de l'antisémitisme dans nos facultés et grandes écoles ? Quelles actions prévoyez-vous de mener afin de préserver l'indépendance du service public de l'enseignement supérieur de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique, conformément aux dispositions de l'article L. 141-6 du code de l'éducation ?

Mme la présidente . La parole est à M. le ministre délégué chargé de la sécurité du quotidien.

M. Nicolas Daragon, ministre délégué chargé de la sécurité du quotidien . Permettez-moi d'excuser mon collègue Patrick Hetzel, qui ne peut être présent ce matin. Le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche tient à vous remercier pour votre question qui lui permet de rappeler ses positions, qui ont toujours été claires : la tolérance zéro doit s'appliquer face aux intimidations et menaces que l'on peut constater sur nos campus, notamment à l'encontre des étudiants de confession juive.

Depuis plus d'un an, le conflit meurtrier qui sévit au Proche-Orient a des répercussions dans nos établissements, avec des démonstrations de soutien à la Palestine pouvant entraîner des débordements, des blocages ou des tentatives de confiscation du débat par une minorité d'étudiants radicalisés. Ces dérives sont une menace pour la neutralité du service public, garante à la fois de la liberté d'expression et de la sécurité des étudiants. Quinze jours après sa nomination, le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche a adressé une circulaire aux présidents d'université pour leur rappeler leur responsabilité légale et leurs devoirs en matière d'ordre public au sein de leur établissement.

Le service public se doit d'obéir à des valeurs républicaines, dont celle de neutralité, pour que tous les usagers puissent en bénéficier sans crainte. Il est intolérable qu'une poignée d'étudiants radicalisés puisse remettre cela en question. Lors de la présentation récente de sa feuille de route, le ministre a annoncé plusieurs mesures nouvelles pour garantir la sérénité des études et la sécurité des campus, dont la création d'une instance disciplinaire académique pour les faits délictueux, et une nouvelle boîte à outils opérationnelle pour soutenir les efforts des chefs d'établissement. Son engagement dans ce domaine est, comme vous le voyez, plein et entier – tout comme le vôtre.

Mme la présidente . La parole est à Mme Caroline Yadan.

Mme Caroline Yadan . J'entends la volonté ferme et entière du ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, comme la vôtre, de lutter contre le phénomène d'antisémitisme. Cependant les paroles ne suffisent pas toujours ; les actes valent davantage. La suppression de certaines subventions aux grandes écoles, par exemple, peut représenter un moyen d'agir concrètement contre ce fléau. Sauf erreur ou omission de ma part, vous n'avez pas réagi aux décisions des conseils d'administration des grandes écoles que j'ai citées. Ces établissements sont phagocytés par une idéologie d'extrême gauche qui fait mal à notre République. (Applaudissements sur les bancs du groupe RN.)

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