Stéphane DemillyMonsieur le ministre de la transition énergétique et solidaire, face à l'urgence climatique, nous sommes tous conscients de la nécessité d'agir, et d'agir vite. Il est cependant intenable pour nos concitoyens, notamment des territoires ruraux, de subir une taxation aveugle des carburants sans que des alternatives sérieuses et peu coûteuses ne leur soient proposées. Et il est insupportable que ceux ayant les moyens financiers ou disposant de modes de déplacement alternatifs passent leur temps à donner des leçons de morale écologique à ceux qui ne les ont pas !
Face à la colère et à l'incompréhension de nombreux Français, le Gouvernement a présenté différentes mesures et ouvert des pistes de travail. Je déplore cependant un grand absent de ces annonces : le biocarburant. Le E85 est aujourd'hui le moins cher à la pompe, autour de 60 centimes d'euro le litre, soit environ 1 euro de moins que les autres carburants, ce qui peut représenter 50 euros d'économie sur un plein selon les véhicules. Il a un bon bilan carbone et permet de réduire très significativement les émissions de CO2.
Enfin, cette énergie constitue un débouché non négligeable pour l'agriculture française, notamment pour les filières sucrières et amidonnières, confrontées à des défis économiques majeurs du fait de la fin des quotas sucriers. Plusieurs régions de France accompagnent d'ailleurs la conversion des véhicules essence au bioéthanol E85 par l'installation de boîtiers homologués, épargnant ainsi à nos concitoyens l'achat d'une nouvelle voiture.
Dans ce contexte, les biocarburants apparaissent bien comme une réponse, parmi d'autres, aux problèmes de pouvoir d'achat, d'environnement et d'emplois ruraux. Ma question est donc simple : pourquoi le Gouvernement ne les intègre-t-il pas dans sa stratégie, alors que la France est le premier producteur européen de biocarburants ?