Gilles LurtonMonsieur le Premier ministre, cet après-midi les infirmières manifestent contre le manque de reconnaissance de leur profession. Elles sont 660 000 mais sont les grandes oubliées du plan Ma santé 2022 présenté par le Président de la République.
Oui, monsieur le Premier ministre, les infirmières sont en colère. Elles n'ont pas été consultées et se sentent méprisées par le Gouvernement. Leurs négociations conventionnelles sont bloquées depuis le mois de juillet ! Leurs compétences sont sous-exploitées. Vous avez omis de les intégrer dans le virage ambulatoire alors qu'elles doivent y jouer un rôle essentiel.
Oui, monsieur le Premier ministre, les infirmières vous demandent la création de nouveaux actes et la revalorisation des actes qu'elles effectuent déjà. Alors que les établissements hospitaliers et les EHPAD manquent cruellement d'infirmières, vous ne répondez en rien à leur appel. Dans les blocs opératoires, la situation est plus que critique. Une amélioration leur avait été promise mais les promesses n'engagent que ceux qui les profèrent !
À de nouveaux postes d'infirmières, pourtant indispensables, le plan santé préfère 4 000 postes d'assistants médicaux. La création du statut d'infirmier en pratique avancée aurait pu être l'ébauche d'une meilleure reconnaissance de leur profession mais seuls quelques postes seront créés sous la tutelle d'un médecin. C'est un acte manqué alors que ce statut aurait pu permettre de pallier le manque de médecins dans certains de nos territoires.
Monsieur le Premier ministre, les infirmières sont un maillon essentiel de notre système de santé. Refuser de le reconnaître et de les intégrer vous conduira inévitablement à un échec. Comment comptez-vous répondre aux demandes légitimes des infirmières ? Quand allez-vous enfin prendre en considération ces professionnelles qui agissent pour notre santé au quotidien ?